Algérie

Restrictions mal vécues et nappe phréatique surexploitée à Oran

La crise de l’eau bat son plein Oran connaît cet été une forte crise d’eau similaire, de l’avis de spécialistes, à celle qu’avait connue El-Bahia durant les années 80 et début 90, périodes réputées de grande sécheresse. Les restrictions drastiques en matière d’eau potable prônées par la SEOR affectent durement les ménages oranais. Pis encore, la fermeture probable de la station de Kahrama, programmée le mois de Ramadan prochain, accentuera leur angoisse. Le déficit annoncé par la direction de la SEOR avoisine les 50%, soit moins de 170.000 m3, alors que les besoins de la consommation estivale nécessitent un quota minimum de 350.000 m3/jour. La distribution de cette eau reste également aléatoire et ne répond à aucun calcul ou programme. Le résultat: une crise sans précédent et socialement mal vécue, nappe phréatique dangereusement surexploitée et une mauvaise publicité pour El-Bahia dont le devenir se veut uniquement touristique. Pour servir cette politique de parcimonie, la SEOR a décidé de revoir les plages horaires afférentes au calendrier de distribution et d’alimentation en eau potable. Selon nos interlocuteurs, l’eau coulera dans les robinets pendant 18 heures tous les jours, et selon la disponibilité de l’AEP. «Foutaise!», répondent ceux qui n’ont pas reçu la moindre goutte depuis plus de deux semaines et dans certains cas depuis plus de 20 jours. On apprendra d’un responsable qui a assisté aux réunions de la SEOR que lors de la programmation des plages horaires, le responsable d’une unité dira: «Une fois sur trois, ce n’est pas vrai, car l’eau coulera peut-être pendant quelques heures en trois jours et nullement 24 heures sur 3 jours.» «Il y a donc hypocrisie», ajoute-t-il. Enfin, et d’aucuns considèrent que le calendrier de la SEOR reste aléatoire et ne répond à aucun calcul précis. D’après les colporteurs d’eau et à qui incombe, à posteriori, la charge de subvenir à ce déficit, ils déclarent que la nappe phréatique connaît des baisses importantes. A Aïn El-Türck, les colporteurs qui s’approvisionnent au puits dit «de la cité» et dont l’eau est réputée très douce, déclarent que «le puits ne suffit plus à subvenir à tous les besoins». «A 17 heures, il est à sec, il faut revenir tôt le lendemain matin et attendre», dira l’un des colporteurs rencontrés sur les lieux. Et attendre son tour dans d’interminables files est le spectacle quotidien devant tous les points d’approvisionnement en eau de la Corniche. La baisse intempestive de la nappe phréatique a mis désormais son warning! Attention, alertent les citoyens et élus locaux. D’après le propre aveu d’un responsable de la SEOR, ces 180.000 m3 disponibles pour l’alimentation des foyers de la wilaya d’Oran, proviennent essentiellement des stations de dessalement de Kahrama (70.000 m3), Bousfer (4.000 m3), Aïn El-Türck (4.000 m3), les barrages de Gargar (70.000 m3) et Beni-Bahdel (5.000 m3), alors que le reste, soit près de 16.000 m3, provient des puits et forages de la wilaya. Il n’y aura également pas, cette saison, d’apport spécial été à partir des barrages de Gargar et de Béni-Bahdel», dont les niveaux actuels de remplissage sont qualifiés de «critiques», à cause de la faible pluviométrie. Et si la station de Aïn El Türck tombe en panne, cela aggravera encore la crise. Idem pour celle de Kahrama dont les pannes itératives sont un scénario perpétuel. «Elle est opérationnelle désormais, selon l’aveu d’un responsable, et en deçà de ces capacités réelles. Elle devrait fermer car plusieurs équipements nécessitent des travaux de rénovation. Initialement, les travaux devaient commencer durant le mois d’août mais les responsables de la SEOR ont préféré les retarder jusqu’au mois de septembre, pour ne pas aggraver la crise. La fermeture de la station de Kahrama inquiète les citoyens oranais qui ont peur que la crise perdure pendant le ramadan. Les seuls bénéficiaires sont donc les colporteurs d’eau qui travaillent jour et nuit pour approvisionner tout le monde et se remplir, bien sûr, les poches. La citerne d’eau d’un tracteur est normalement cédée à 700 dinars alors que pendant les autres saisons elle est vendue à 400 DA. «Certains opportunistes imposent des tarifs de 1.500 DA voire même 2.000 DA», ont témoigné des estivants. Et le calvaire continue. Benachour M.
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