Algérie

Regard


Sidi Bel-Abbès en état de siège ? La chaîne III de la radio algérienne a diffusé hier un reportage, «un thriller» qui donne froid dans le dos. Il s’agissait d’une balade morbide dans la «rose de la Mekerra». Si l’on en croit les interviews, le climat est à l’insurrection: «nous vivons barricadés à la maison et gare à celui qui met nez dehors à partir de 19h ou qui est retenu à l’extérieur». «Une fois rentrés à la maison, il faut se barricader, renforcer la porte d’entrée et les fenêtres qui donnent sur la rue car la nuit venue, elles sont prises d’assaut et si elles cèdent, les assaillants s’introduisent chez nous et font tout ce qu’ils veulent». Le reportage ne s’est en aucun cas réduit à un quartier spécifique ou autre endroit réputé «chaud», mais a insisté sur le fait que l’insécurité était générale et que toute la ville était prise en otage dans un climat de violence générale. Les Belabbésiens interrogés ont décrit avec force détails leurs mésaventures, tel ce jeune homme qui, sorti de chez lui après une nuit agitée, découvre un cadavre non loin de sa masure, dans la bouche d’un puits en construction! Ils ont mis l’accent sur l’extrême facilité avec laquelle circule la drogue et, les agresseurs, disent-ils, sont tous dans un «état d’excitation» telle qu’il est évident qu’ils sont camés quand ils organisent leurs expéditions punitives contre la population. Interrogé de son côté, le porte-parole de la gendarmerie locale a reconnu que les choses sont difficiles à Sidi Bel-Abbès et a appelé les habitants à faire en sorte «d’intégrer un sentiment de quiétude». Il semble bien qu’un problème sérieux subsiste manifestement dans la façon d’appréhender la question de la part de la force publique, ou alors il y a incompréhension... Il est clair cependant que dans une ville naguère prospère grâce notamment à son riche arrière-pays agricole, où le chômage atteint des sommets maintenant, ni la force publique ni toute autre dissuasion ne peuvent endiguer un phénomène d’une telle amplitude. Le recours à un plan d’urgence est impératif pour redonner au «petit Paris» ne serait-ce qu’un semblant de tranquillité.
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