Algérie

Mekhalif répond à Bouhadja

«Nous viendrons libérer Belkhadem de ton joug» Les militants du FLN en dissidence avec le SG, emmenés par l’ex-député Mekhalif, semblent plus que jamais déterminés à faire aboutir leur action de protestation afin de rendre au parti «ses vrais militants», a assuré ce dernier lors d’un entretien téléphonique, en réaction aux propos du porte-parole Saïd Bouhadja parus dans notre édition d’hier. Notre interlocuteur y voit même des raisons supplémentaires «pour tenter une action d’envergure», afin, dit-il, de stopper une dérive qui a commencé lors du dernier congrès dit de rassemblement». Selon Makhalif, la pensée politique qui prévaut actuellement au sein du parti est «totalement périmée». «C’est le retour au parti unique que nous constatons, aujourd’hui. Nous ne pouvons plus accepter que des personnes externes, qui n’ont aucun lien organique avec le parti, soient ramenées et placées sur des listes électorales lors des élections législatives ou communales. Des gens ont été parachutés comme membres du Conseil national et ceci en totale violation du règlement intérieur. Comment pourrait-on, dans ces cas-là, accepter une telle situation? Nous ne courrons derrière aucun poste ou privilège, mais nous voulons seulement alerter le SG du parti sur ces anomalies», insistera-t-il. Concernant la fameuse rencontre annulée avec Belkhadem, le porte-parole a voulu apporter des précisions par rapport aux déclarations du chargé de la communication, Saïd Bouhadja, qui mettait l’échec de cette rencontre sur le dos de la cellule de suivi. «Premièrement, la rencontre qui devait avoir lieu entre le SG et nous était de l’initiative personnelle du SG. C’est lui qui a demandé à nous rencontrer. Secundo, l’histoire du communiqué publié à travers la presse est un faux prétexte. Le SG savait depuis un an que cette cellule de suivi existait et activait en toute transparence. Donc, le motif de l’existence d’une structure parallèle tombe à l’eau. Et enfin, nous n’avions pas d’autres options pour alerter le SG, car tous nos recours adressés aux instances dirigeantes ont été soigneusement cachés à Belkhadem. D’où notre volonté d’organiser un sit-in permanent devant le siège du FLN jusqu’à la satisfaction de nos doléances». Selon le porte-parole de la cellule de suivi, le mouvement devrait trancher la question de la date du sit-in au début de la semaine prochaine, «probablement samedi ou dimanche prochain», poursuit-il et d’ajouter que tous les membres de ce mouvement sont en «concertation permanente» afin d’étudier toutes les «options possibles». «Nous venons d’achever les réunions à travers les quatre régions où nous sommes bien implantés et, croyez-nous, ils seront étonnés du nombre de militants qui seront présents lors de cette action». L’objectif du sit-in, dira-t-il encore, est d’arriver à une rencontre directe avec le SG afin de lui poser trois questions qui «sont essentielles pour nous et le parti». Il s’agit de lui dire s’il est devenu «l’otage de certains membres de l’Instance exécutive» afin de le «libérer de leur tutelle», ensuite nous lui dirons s’il est «encerclé» et là nous sommes disposés à lui «rendre sa liberté de mouvement» et enfin s’il est d’accord avec «la politique d’épuration et d’exclusion des militants sincères et dévoués» que le parti mène depuis le fameux congrès de réunification. «Nous ne partirons pas du siège jusqu’à l’obtention des réponses à toutes ces questions», avertit le porte-parole du mouvement. Ainsi, les semaines à venir risquent d’être très chaudes pour l’ex-parti unique qui vit là une crise sans précédent de son histoire. Le SG du FLN qui a fait jusque-là la sourde oreille prêtera-t-il, aujourd’hui, une oreille attentive, maintenant qu’il a tout le temps nécessaire pour s’occuper des affaires de son parti, où laissera-t-il la crise couver et atteindre son point culminant ? Saïd Farhi
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