Algérie

Les jeunes préfèrent lire les témoignages historiques, croustillants Légère hausse de la vente de livres sur l'histoire de la Révolution à Tizi Ouzou

Les jeunes préfèrent lire les témoignages historiques, croustillants Légère hausse de la vente de livres sur l'histoire de la Révolution à Tizi Ouzou
Photo : S. Zoheir
De notre correspondant à Tizi Ouzou Malik Boumati
La population algérienne a vécu l'année 2012 au rythme d'une célébration hyper médiatisée du jubilé de l'indépendance du pays. En dehors du fait que la population n'a pas été associée à cette célébration, cela a été une occasion pour de nombreux Algériens de renouer avec l'histoire de la glorieuse Guerre de libération nationale. A commencer par certains témoignages polémiques, parus dans certains titres de la presse nationale. Une occasion également, pour les amoureux de la lecture, de s'offrir les ouvrages sur la Révolution publiés spécialement à l'occasion de cette célébration qui aurait pu être commémorée de façon qu'elle restât dans les annales. Les libraires ont célébré le jubilé à leur manière. En mettant à la disposition de leurs clients les nouveaux ouvrages sur la Révolution, ses hommes, leurs actions et même, parfois, leurs dits et non-dits. A Tizi Ouzou, ils ont renoué quelque peu avec l'activité, à l'occasion justement de ce jubilé, qui a été aussi une occasion de médiatiser des 'uvres littéraires et cinématographiques. De nombreux ouvrages traitant de la Guerre de libération nationale ont été écoulés cette année à travers les localités de la wilaya. Tous les libraires interrogés s'accordent à dire que les ventes ont connu une certaine hausse, même si elle reste relative, vu le retard que connaît l'Algérie en matière de lecture et de lectorat. Tous s'accordent à dire aussi que tous les livres relatifs à la Révolution ne connaissent pas le succès, les lecteurs étant attirés par un certain nombre de titres qui émergent du lot. «Les gens demandent des écrits objectifs» lance, d'emblée, un libraire de Tizi-Ouzou qui affirme que ses clients viennent souvent demander des ouvrages cités dans des émissions de télévision ou dans la presse écrite. Il fera remarquer cependant que les jeunes ne sont pas nombreux à demander des livres sur l'Histoire. «Les jeunes ne semblent pas intéressés par les livres d'Histoire, y compris ceux traitant de la Guerre de libération», indique-t-il en relevant, cependant, qu'ils sont un certain nombre à s'offrir des livres dont le contenu est jugé «croustillant», comme le livre sur Abane Ramdane, écrit par son neveu ou celui de Saïd Sadi, sur le colonel Amirouche. Même topo chez un autre libraire du centre-ville de Tizi Ouzou chez qui les ventes ont connu un léger mieux en ce qui concerne les livres sur l'histoire de la Guerre de 1954/1962. En l'absence du propriétaire de la librairie, deux jeunes employés de l'établissement ont attesté qu'à l'occasion du jubilé de l'indépendance de l'Algérie, les livres sur cette période de l'Histoire de notre pays ont eu la cote en termes de vente. Des jeunes et moins jeunes ont demandé ce genre d'ouvrages même si les jeunes, moins nombreux, ont souvent jeté leur dévolu sur les thèmes à polémique. Ils citent les livres sur Abane Ramdane et le colonel Amirouche, mais aussi les ouvrages témoignages, comme ceux de Yahia Abdelhafid, Au c'ur des maquis, en Kabylie ou, encore, d'Aït Mehdi Mohamed-Amokrane, le Dur et invraisemblable parcours d'un combattant. A travers les déclarations
des libraires interrogés, il ressort une tendance chez les lecteurs à opter pour la lecture de livres qui sortent du carcan dans lequel les pouvoirs successifs ont enfermé l'Histoire de l'Algérie, notamment celle de la Guerre de libération nationale. La Kabylie étant stigmatisée depuis la rébellion du FFS en 1963, il est tout à fait naturel que les lecteurs soient à la recherche de tout ce qui touche l'histoire de la Wilaya III historique, ses hommes et leurs nombreux hauts faits d'armes, que ce soit dans leur région ou dans toutes les régions d'Algérie. Et, aujourd'hui, les lecteurs, même s'ils ne sont pas nombreux, trouvent un assez large choix sur les étagères des librairies pour pouvoir décider de renouer avec la lecture sur la Révolution. Mais ce large choix, on ne le trouve pas du côté des supports audiovisuels puisque les disquaires de Tizi-Ouzou ne disposent d'aucun film traitant de la Guerre de libération nationale, y compris les classiques que les Algériens ont eu l'occasion de regarder sur l'unique. Les films en Algérie sont produits par la télévision qui ne les met pas sur le marché, sur un support DVD, explique un éditeur-disquaire de la ville des genêts, précisant que l'Entv aurait pu vendre des droits de reproduction à des sociétés privées, comme cela se fait dans le monde, pour que les films soient accessibles à tous. «Si l'on veut regarder des films comme « La Bataille d'Alger » ou » L'Opium et le Bâton », il faut chercher sur le marché informel, vous trouverez certainement des revendeurs qui font dans la gravure», affirme notre interlocuteur. Même réponse chez un autre disquaire interrogé qui propose cependant des documentaires traitant de la Guerre de libération. Des DVD de documentaires réalisés par des Algériens ou des Français sont effectivement exposés sur les étagères, à l'image de : l' OAS, un passé très présent : La reconnaissance à la mémoire courte, de Djamel Zaoui ou : La Bataille d'Alger, d'Yves Boissel. On y trouve, également : Algérie Eté 62 : L'indépendance aux deux visages, de Jean-Michel Meurice et : La Blessure : La tragédie des harki, d'Isabelle Clarke et Daniel Costelle. A travers ces titres, on comprend que l'Histoire d'Algérie continue à être écrite à partir de France, même s'il y a un effort de ce côté-ci de la Méditerranée. Et le mérite ne revient pas aux pouvoirs publics qui continuent à hésiter à libérer l'Histoire, toute l'Histoire, y compris ses côtés sombres.
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