Algérie

Le point

Déroutant ! Abdelaziz Bouteflika aura dérouté, pour la énième fois, tout son monde et tous les observateurs avertis qui avaient prédit et assuré que le 5 Juillet sera ce fameux jour-J pour l’annonce, non moins fameuse, de la révision constitutionnelle. En fait d’annonce, Bouteflika a laissé sur sa faim militaires et civils. D’aucun verront, face à cette «rallonge» de suspense, une dérobade ou, pourquoi pas, des pressions d’on ne sait quelle partie pour dissuader Bouteflika de toucher à la Constitution de 96 et partant l’empêcher de briguer un troisième mandat. Et si l’homme était tout simplement fatigué, usé par presque dix années d’exercice de la plus haute fonction de l’Etat. Les hommes qui l’ont exercé vous le diront certainement: le pouvoir use. Et cette petite phrase lancée durant son discours aux militaires en dit long sur ce qu’endure en ce moment le président face aux problèmes qui secouent l’Algérie à l’exemple de la tension sociale, les programmes qui tardent à se concrétiser, la corruption qui a gangrené l’ensemble des administrations au point de ralentir dangereusement l’effort de l’Etat dans la relance de l’économie nationale. Il a raison de dire que «le fardeau est lourd, aidez-moi». C’est un indice révélateur qui pourrait signifier que le président n’a plus la force de continuer en l’état actuel des choses. Pour les ultras, cette hypothèse n’a pas lieu d’être, soit par passion pour l’homme de la réconciliation, soit tout simplement par intérêt. Le FLN et son chef sont quelque part responsables de cette «impasse» politique. En sonnant très tôt l’hallali pour la révision constitutionnelle, Belkhadem a engagé le président dans une course contre la montre inutile à tous points de vue. Ouyahia l’avait fait remarquer à ce moment en disant qu’il est encore trop tôt pour parler des présidentielles. Le président Bouteflika le confirmera, plus tard, à l’occasion d’un entretien accordé à l’agence de presse Reuters: «pour le moment, il s’agit, pour moi, d’achever correctement mon mandat et concrétiser toutes mes promesses électorales». Les lectures à faire sont, donc, multiples. Rien ne dit que dans les tout prochains jours, le président ne convoquera pas les deux chambres pour faire changer le fameux article 74 qui lui fait obstacle pour une troisième mandature, mais dans le même temps rien n’indique le contraire. Toutes les supputations sont permises. Une seule chose demeure, cependant, certaine, la présidentielle se tiendra en temps voulu. Car s’il y a bien une chose que le président a rétablie dans son droit c’est bien le respect du calendrier des échéances électorales c’est-à-dire dans 9 mois. D’ici là, bien des choses peuvent se produire car en politique rien n’est impossible.   Cherrak Rafik
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