Algérie

La leçon Lafarge étant bien assimilée par l’Etat algérien

Un droit de regard dans le «transfert des investissements» L’Etat algérien serait-il en train de recourir à une protection musclée de son économie et de son industrie? Au vu des dernières décisions prises par le gouvernement Ouyahia, la tendance semble s’orienter vers une protection de plus en plus accrue de l’économie nationale. Par touches successives, le nouveau Chef du gouver-nement, Ahmed Ouyahia met en place des mécanismes de défense pour protéger les entreprises nationales de la gourmandise des multinationales et aussi pour donner un nouvel élan à la production nationale qui éprouve de la peine à satisfaire la demande nationale. Le premier secteur de production à bénéficier des largesses de l’Etat est, sans conteste, l’agriculture où une batterie de mesures incitatives vient d’être mise en branle afin de booster les récoltes à venir. Ces nouvelles mesures prises lors du dernier conseil des ministres se veulent un «appui pour donner une impulsion décisive à la mise en œuvre de la politique de renouveau de l’économie agricole et rurale». Pour rendre accessibles aux agriculteurs les facteurs de production nécessaires à l’amélioration de la production et du rendement, le département de l’agriculture a décidé que les engrais ainsi que les produits phytosanitaires sont exonérés des taxes de la TVA. L’Etat semble donc très bien retenir la leçon Lafarge, du nom de cette multinationale française qui a racheté l’usine de ciment appartenant à un autre groupe étranger, Orascom, en l’occurrence. La pilule semble ne pas passer du côté de l’Etat algérien qui a décidé de mettre un terme définitif à ce genre de transactions qui, dans sa forme commerciale, n’a rien d’illégale mais qui pose, aujourd’hui, un problème moral de souveraineté. Imaginons un instant que des entreprises étatiques cédées à des groupes internationaux soient revendues plus tard à d’autres multinationales avec en sus un bénéfice financier énorme qui échappe à tout contrôle du fisc algérien. Dans ce cas d’espèce, le groupe égyptien Orascom a réalisé une plus-value de l’ordre de 2 milliards de dollars qui seront probablement expatriés vers leur pays d’origine. Une fuite des capitaux qui ne dit pas son nom. En revanche, la multinationale française, Lafarge qui était présente durant des années en Algérie du temps de l’occupation française, revient en force sur le marché algérien avec en prime une position de quasi monopole et prend ainsi sa revanche sur l’histoire. Quatre jours après le discours du président Bouteflika durant lequel il a dénoncé les investissements spéculatifs des groupes étrangers, allusion à peine voilée sur l’opération de cession de la cimenterie de M’sila appartenant au groupe Orascom qui a déboursé 700 millions de dollars pour la revendre ensuite à 2 milliards de dollars à la société française Lafarge, le gouvernement annonce une série de mesures concernant l’investissement en Algérie. Primo, l’Etat compte introduire un nouveau moyen de contrôle sur les «transferts d’investissements» des groupes étrangers. Désormais, l’Etat aura un droit de regard sur toute opération de cession totale ou partielle de cet investissement à un autre opérateur étranger. Cette initiative du gouvernement est également destinée à limiter les investissements spéculatifs et non productifs. Saïd Farhi
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