Algérie

L'aumône parlementaire


Deuxmillions de centimes, pas un dourou de plus, pas un zloty de moins. 20 mille DA,pour parler comme les optimistes de la finance nationale, est le montant del'obole attribuée par les parlementaires du FLN aux sinistrés de Ghardaïa. Uneaumône qui renseigne du grand coeur et de l'étroitesse des poches desreprésentants de l'Algérie d'en bas auprès de l'Algérie d'en haut. 2 millions, c'estdéjà ça comme dirait Souchon, mais c'est quoi deux millions, une fois tous lescataclysmes, par rapport aux 27 millions de chaque fiche de paie.

Lapilule est trop grosse à faire passer même avec le capital soumission du peupledu sous-sol d'Algérie. 27 millions, khemsa dans les yeux des envieux, poursimplement lever le doigt à chaque fois qu'un ministre tousse. Et les gars, enfonçantle bouchon plus en avant de notre capacité d'endurance, s'ingénient à trouverdes explications rationnelles à cette rallonge venue du haut d'un troisièmemandat. Ils poussent le cynisme parlementaire jusqu'à inscrire cette pluie debiftons au rayon des augmentations salariales décidées pour tous les bleus detravail d'Algérie. Non contents, nos représentants trouvent qu'ils ne sont paspayés en conséquence en comparaison des parlementaires de quelques tribusperdues en Afrique. Comme autre justificatif à cette rente, « permettre à l'éludu peuple d'assumer pleinement ses responsabilités», rien que ça. Unargumentaire de poids censé expliquer les choix financiers de nos guidessuprêmes. Mais explication pour explication, je voudrais bien qu'on m'explique,qu'on me fasse comprendre à quoi peut bien servir ces augustes assemblées qui grèvent nos impôts. Ne dites surtout pas àdéfendre la veuve et l'orphelin ou à s'élever contre les lois et les décrets.

N'avouezpas qu'ils sont là à surveiller le lait du petit peuple et proscrire lesmesures impopulaires. A parler du prix du pain, à demander des comptes auxcoupeurs d'électricité et pourquoi vouloir augmenter les tarifs de l'essencealors qu'on est un pays exportateur de pétrole. Ne me dites pas qu'une fois àl'hémicycle, votre souci premier, votre priorité absolue, est ce gréviste destableaux qui se meurt à l'abri de l'école de Benbouzid.

Unconseil, il faut arrêter de se prendre au sérieux parce que personne, etsurtout ceux qui n'ont pas voté pour vous, ne s'intéressent à ce que vouspouvez raconter.


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