Algérie

Ils utilisaient des eaux usées non épurées pour l’irrigation de leurs cultures

60 fellahs dans le collimateur de la police des eaux à Sidi Bel-Abbès Pas moins de soixante exploitants agricoles, utilisant les eaux usées non épurées pour l’irrigation de leurs champs de cultures, ont été dénombrés ces derniers jours à travers la wilaya de Sidi Bel-Abbès. C’est ce que révèle un rapport de la police des eaux présenté lors de la dernière réunion bimensuelle du Conseil exécutif de wilaya. Selon les responsables locaux de l’Hydraulique qui en ont fait la lecture, les contrevenants qui sévissaient le long de l’Oued Mekerra, entre les communes de Sidi Brahim et Boudjebha, risquent de lourdes sanctions pénales sans compter les dispositions transitoires qui seront aussitôt mises en œuvre par la police des eaux et consistant notamment en la saisie du matériel de pompage et la destruction des parcelles de cultures irriguées totalement ou partiellement à l’aide de ces eaux non recyclées. D’après les quelques informations communiquées à la presse, il s’agirait d’une superficie assez importante de terres irriguées, disséminées de part et d’autre des berges de la Mekerra sous forme de petites parcelles de cultures grandes consommatrices d’eau (melons, pastèques, salades, crudités...), qui sont souvent mises en place et récoltées en période estivale. Selon les responsables du secteur hydraulique, outre les actions menées contre l’utilisation des eaux usées non épurées qui sont à l’origine de la propagation de la plupart des maladies à transmission hydrique, la police des eaux est engagée également dans un autre volet important de sa mission : la lutte contre toutes les atteintes au domaine public hydraulique représentées notamment par les pompages et les forages illicites qui mettent aujourd’hui en grand danger la plupart des nappes phréatiques de la wilaya. «Les rares ressources hydriques que renferme encore le sous-sol bélabbésien, déplore-t-on, ne cessent d’être soumises à une surexploitation des plus inconsidérée de la part de certains producteurs agricoles qui sont passés maîtres dans la pratique intensive des cultures maraîchères spéculatives». «Peu soucieux de la question de la préservation des terroirs et du nécessaire équilibre des facteurs de production dans le travail de la terre, ces ‘métayers d’un nouveau genre’, tiendront à témoigner des techniciens exerçant dans la zone, semblent jouir d’une impunité presque totale dans le creusement illicite de puits et de forages pour l’irrigation de leurs parcelles de cultures sous serres ou de plain-champ, louées souvent à des propriétaires privés ou à des membres d’EAC défaillants». «Bien que son ampleur se soit quelque peu réduite avec la sécheresse, le phénomène n’en a pas moins fini, souligne-t-on encore, par provoquer de sérieux dégâts au niveau du périmètre de protection de la nappe phréatique de Tenira-Benachiba qui est considérée pourtant comme un site protégé et destiné exclusivement à l’approvisionnement en eau potable des villes de Sidi Bel-Abbès et de Télagh». C’est pour dire, en somme, qu’indépendamment de l’usage de la ressource que l’on s’en fait, la problématique de l’eau est loin d’être facile à expliquer et à résoudre à Sidi Bel-Abbès. A. Abbad
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