Algérie

Commentaire


Quelles options pour le Président ? Théoriquement le Président se trouve devant deux options. La première consiste à provoquer des élections anticipées pour un nouveau programme intégrant une nouvelle vision industrielle qui n’était pas prise en charge dans son programme et conférant, à cette dernière, une légitimité. Une élection anticipée ne signifie pas un renoncement à s’y présenter, car il n’est pas homme à quitter au milieu du gué. La deuxième option consiste, pour lui, à commencer une véritable révolution d’autant que, pour la première fois, le parquet s’est autosaisi dans l’histoire de dénonciation de la corruption ; que le Président a avoué que pour le moment la dépendance de notre économie des exportations des hydrocarbures est trop élevée, gravement trop élevée, que l’accent sera mis sur la préparation de l’après-pétrole; que dorénavant, pour ce qui concerne la réconciliation nationale, la loi sera appliquée, c’est-à-dire que la charte dans la disposition portant extinction des poursuites judiciaires n’est plus validée, ce qui implique le seul recours aux moyens de force et de justice. D’après donc le discours du Président, plus rien ne sera plus comme avant, d’autant qu’il affirme que le temps des ruptures est arrivé quand il affirme que les critères de désignation des candidatures aux élections doivent radicalement changer. Il est vrai que cela n’a, pour le moment, pas été une préoccupation centrale, ce qui a laissé la gestion des villes importantes passer dans les mains d’analphabètes. Cette deuxième option s’affermit davantage que le président d’un parti allié, celui du MSP, va sûrement être poussé vers la sortie du gouvernement et subira probablement un redressement au sein de son parti, ce qui affaiblira ce parti au profit de celui de Djaballah qui sera, peut-être, un nouvel allié, même s’il restait dans une opposition fictive, mais «constructive», à l’image de ce qu’avait fait le MNR durant la campagne pour la réconciliation, c’est-à-dire qu’il avait appuyé celle-ci. En affirmant que les partis ne se préoccupent que des élections, le Président signifierait ainsi qu’il n’y a pas encore de relève dans la classe politique, comme qui dirait la fin de la légitimité révolutionnaire. Il semble ainsi siffler la fin pour la confusion entre la politique et les missions que s’est assignées la «famille révolutionnaire», ce qui implique en fait la fin de l’usage de ce concept.
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