Déprédation - Un nombre inestimable de pierres a été volé par des tiers pour servir, dans la plupart des cas, à l'ornement des façades de villas de la plaine de la Mitidja.A une dizaine de kilomètres avant Tipaza, (en provenance d'Alger) sur les hauteurs du Sahel, s'élève le gigantesque mausolée auquel la tradition populaire a donné le nom de Kabr-er Roumia, que l'on traduit par «Tombeau de la chrétienne». D'un côté, il fait face à la mer, de l'autre, il domine la vallée de la Mitidja, position remarquable qui en fait le point de mire de la région.
Ce tombeau est un vaste amas de pierres présentant à l'intérieur des couloirs et des chambres dont la disposition a été connue en 1865-66, à la suite des fouilles de Berbrugger et Mac-Carthy, sous le patronage de Napoléon III. L'entrée est très étroite et se trouve dans le soubassement, sous la fausse porte de l'Est.
De là, un petit couloir donne accès à une chambre voûtée dans laquelle se trouvent, sur un de ses murs, grossièrement sculptés, un lion et une lionne. En dessous de ces bas-reliefs s'ouvre un autre couloir qui mène à un escalier de 7 marches, puis à une large galerie circulaire de 150 m de longueur. En la suivant, on arrive à un 3e couloir puis à deux salles voûtées qui se trouvent au centre même du monument.
Le Mausolée royal, cette forteresse de pierre, garde jalousement le secret impénétrable d'un amour historique. Si quelques sites en Algérie sont développés et restaurés, la communication autour de ces lieux reste cependant incomplète. Au Tombeau de la chrétienne, aucun guide n'est présent pour expliquer aux visiteurs l'histoire et l'intérêt du site. En outre, par crainte d'un effondrement, il est impossible de pénétrer dans la tombe, où réside essentiellement l'histoire de ce lieu. Sur place, les visiteurs, ô combien nombreux, peuvent juste se contenter de se faire photographier. Hormis les quelques revendeurs de produits artisanaux, rien n'indique qu'on a, en face de nous, un site historique qui mérite d'être connu et protégé.
Le Mausolée, constitue une des fiertés de la commune de Sidi Rached. Malheureusement, les élus de cette commune semblent complètement désintéressés par l'importance d'une telle richesse patrimoniale et culturelle. Pour preuve, le chemin y menant est quasiment impraticable.
Et ce n'est pas tout. Selon les quelques témoignages recueillis sur place, le site a, à maintes reprises, fait l'objet d'actes de vandalisme.
«Un nombre inestimable de pierres a été volé par des tiers pour servir, dans la plupart des cas, à l'ornement des façades de villas de la plaine de la Mitidja. La détérioration de la situation sécuritaire, pendant longtemps dans cette région, a fortement contribué à sa dégradation puisque fermé au public depuis 1994.
Classé en 1982, patrimoine mondial, le Mausolée royal de Maurétanie a déjà fait l'objet en 2005 d'une opération de réhabilitation grâce à une enveloppe du budget de wilaya.
Celle-ci a permis la mise en place d'une clôture à l'entrée du site et de sanitaires, mais aussi l'aménagement d'un salon d'accueil des invités le bitumage du parking ainsi que l'aménagement de petites allées de promenade. Pour éviter les actions malveillantes contre ce patrimoine historique de la région, les gestionnaires du secteur ne cessent d'appeler à la mise en place d'une clôture pour ceinturer tout le site d'une superficie de 10 ha environ.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F H
Source : www.infosoir.com