Oran - Revue de Presse

Une journée «ordinaire»



Jeudi 17 mai, ilest dix heures passées. La cité Akid Lotfi se réveille doucement. Il fait beau.Les magasins d'alimentation générale, les quincailleries, les cafés sontouverts. Les fruits et les légumes ornent les étalages des magasinsspécialisés. Les bouchers aussi n'ont pas fermé boutique. Un marché ambulant desardines prend place timidement à l'ombre d'une tour. Des travailleurss'affairent à dresser des poteaux sur un chantier de bâtiment. A la cité desEnseignants, mitoyenne, la poste est ouverte. Les marchands de légumes et desardines sont là, comme d'habitude. Un peu plus loin vers Es-Seddikia, rien despécial. Le marché de fruits et légumes fonctionne normalement.  Les cybercafés et les taxiphones sontouverts. Une journée ordinaire. Pourtant, dans les écoles, on vote pour élireles députés de l'Assemblée populaire nationale. Un vote qui se déroule presquedans l'indifférence. Certains ont même oublié qu'il y a, ce jour, desélections. Debout devant un magasin d'alimentation générale, deux habitantsdiscutent. L'un affirme qu'il va voter en fin de journée et l'autre pestecontre les députés et la politique. D'un geste de la main, il montre l'état dedégradation du cadre de vie dans sa cité. L'herbe sauvage au lieu du gazon,l'absence de voirie, d'éclairage public, d'écoles pour les enfants. «Lesdéputés se battent pour leurs salaires. Ils toucheront 32 millions, c'esténorme», dit Mourad. Des habitants rapportent le manque d'essence sans plomb etle super dans les stations-service. Aucune tension n'est perceptible sur lesvisages. Le vote est pourtant placé sous haute surveillance policière. Lesbureaux de vote sont surveillés par des policiers en civil. Le temps passe. Ilest 16 h. Le taux de participation peine à décoller.Des militants de FLN s'énervent, dans un brouhaha total. Le calme revient. Lesenfants jouent un peu partout, dans la poussière des voies non goudronnées.L'annonce du taux de participation et la fin du dépouillement n'a provoqué niklaxons, ni défilés. La nuit est passée dans le calme. Le scrutin s'est déroulé sans heurts, dansune bonne ambiance. Dans les cafés, on continue de parler des députés, de leurssalaires, du faible taux de participation. De la dégradation du cadre de viedans les cités: moustiques, eaux usées, odeurs nauséabondes, insécurité,absence de voirie. La multiplication des décharges sauvages entre lesimmeubles, les chaussées dégradées et impraticables. Les dégâts occasionnés auxvoitures, la cherté de la vie. Beaucoup pensent que les députés ne sont pas enmesure de régler tous ces problèmes. Les Oranais ne se sont pas encoreréconciliés avec les partis politiques.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)