Oran - Revue de Presse

Une halte dans un centre de vote



A l'instar descentres de vote des quartiers populaires, ceux du centre-ville n'ont pas connula grande foule à l'occasion de ces législatives. Fait marquant de cesélections à Oran, la démobilisation presque totale des jeunes électeurs. Il était justehuit heures, quand le chef du centre de vote n°16 (Ecole Saïd Zammouchi) deMiramar, M. Mebarki, ordonna l'ouverture des portes aux votants. Une trentainede personnes, en majorité des sexagénaires, attendaient avec impatience. Ilsseront les premiers à déposer leurs bulletins dans les urnes. A l'entrée, unservice d'ordre impeccable et une présence remarquable des agents de laprotection civile, au demeurant très attentifs et prêts à venir en aide à toutepersonne, notamment celles âgées. Les premiers représentants des partis sontdéjà là, d'autres arriveront au fil des heures. Des observateurs, jeunes pourla plupart. Certains d'entre eux ne connaissent même pas la signification dessigles du parti qu'ils représentent et moins encore l'objet de leur mission. Auniveau des 11 bureaux de vote, on se roule les pouces.  Au premier pointage de 10 h, sur plus de6.000 inscrits, seuls 200 personnes avaient voté: cela représente 4% departicipation au niveau de ce centre. A plus de 80 ans, El-Madani se présenteau bureau d'orientation muni de sa seule carte d'identité. Ni le poids del'âge, ni la cécité n'ont découragé le vieil homme à venir voter. «J'avaisl'habitude de voter dans ce centre, mais je ne me souviens plus du numéro dubureau», souligne El-Madani. Après avoir vainement cherché sur les listesglobales, la secrétaire l'oriente vers le centre de vote mitoyen. Loin d'êtredécouragé, il n'hésitera pas à aller chercher sur la liste de l'autre centre.«Je ne vote pas pour des personnes, mais pour mon pays», affirme-t-il. Des«El-Madani», il y en aura beaucoup durant cette journée passée au niveau de cecentre de vote. Mimouna, la soixantaine, vient de Aïn-El-Turck pour voter. Saïdde Bir-El-Djir tient une procuration de son fils gendarme. «Mon fils tient à ceque je vote pour lui», dit Ammi Saïd.  L'image marquante de cette journée seraincontestablement celle d'un très vieux monsieur qui, atteint d'un malaise, aété vite secouru par les agents de la protection civile. Une fois ses esprits revenus,il insista auprès des pompiers pour aller accomplir son devoir électoral. Ilsera accompagné jusqu'au bureau de vote, puis ramené. Il aura droit à un momentde repos avant de quitter le centre. Les jeunes votants se font rares, ceux quiviennent voter le font, pour la majorité, pour la première fois. C'est plus parcuriosité, ou peut-être par envie de se sentir adultes qu'ils se sont décidés àaller voter. On le ressent facilement à travers leurs questions.  A 12 h, le taux de participation n'a pastellement évolué. Il est tout juste de 11%. Midi, c'est aussi le moment du«casse-croûte», moment privilégié des encadreurs. M. Mebarki veille au grain:tout le monde aura sa part, y compris les représentants des partis politiques.Les premiers représentants de la presse arrivent, les nouvelles concernant lestaux de participation ne sont pas réconfortantes. «C'est à peine si les 6% sontdépassés dans les autres centres», affirme un confrère, qui souligne en passantque les 11% enregistrés ici sont loin d'être égalés. Il faut reconnaître qu'auniveau du CV 16, le chef de centre a tout fait pour faciliter la tâche auxélecteurs.  L'après-midi, les électeurs se présentent aucompte-gouttes. Là aussi, la majeure partie des électeurs sont des personnesâgées. Une vieille femme qui a accompli son devoir électoral au niveau ducentre mitoyen accompagne un jeune attardé mental. «Je l'ai inscrit, mais on nelui a pas remis sa carte. Pourrais-je voter à sa place ?», dira-t-elle à unagent à l'entrée de la porte. Elle sera orientée vers le chef de centre qui,après avoir cherché sur le registre global, lui fournira toutes lesinformations pour récupérer la carte de vote de son fils. Au fil des heures,les plus optimistes, quant à une possible affluence avant la fermeture desbureaux, ont dû abdiquer.  A 15 h, le taux n'avait pas dépassé les 17%.Il évoluera quelque peu à la fermeture des bureaux, pour dépasser les 20%. Cesera d'ailleurs l'un des meilleurs taux pour des centres de vote ducentre-ville. «Les temps ont changé. Il ne faut pas en vouloir aux jeunes s'ilsne font plus confiance aux élus. Trop de promesses leurs ont été faites, sanspour autant qu'elles soient concrétisées. Ils savent que tout ce qui a été faità Oran et qui a été fait pour eux a été fait par le président de la République.C'est d'ailleurs pour cela qu'ils ont voté en masse pour lui», dira un jeune,l'un des derniers votants de la journée.
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