Le taux departicipation des électeurs, plus ou moins élevé dans la banlieue Est parrapport à Oran-ville, est la première des lectures qui s'impose d'elle-même ausimple observateur du fait politique local. Jeudi, aux premières heures de lamatinée, comme dans tous les centres de vote, les encadreurs réquisitionnés etles représentants des partis comptent à l'oeil nu les rares personnes quiviennent mettre l'enveloppe dans l'urne. Chacun tient un carnet pourenregistrer le nombre de votants. L'appréhension de l'abstention estomniprésente, comme nous le fera savoir un représentant de parti assigné àsurveiller le déroulement du vote dans un centre de vote situé à Sidi Chahmi. 10 heures du matin, dans la commune de HassiBounif, il y a un peu plus de monde, des personnes d'un certain âge. A l'entréede l'un des centres de vote, un jeune travaille au corps les vieux et lesvieilles pour leur chuchoter à l'oreille: «Votez pour untel, il est de larégion». Ce jeune est rapidement chassé par un garde communal qui était postélà devant la porte d'entrée. A l'intérieur du centre, on discute du taux departicipation de 10 heures du matin qui n'est pas fameux, un peu moins de 10%.On attend et on se console comme cet autre représentant de parti qui dira qued'une manière générale l'après-midi les citoyens, notamment les femmes, sontbeaucoup plus nombreux que la matinée. Et dans toutes les agglomérations,Gdyel, Hassi Benokba, Hassi Ameur, Hassi Bounif jusqu'à Boufatis et Benfreha,durant cette matinée, les citoyens ne se bousculaient pas au portillon et labanalité du déroulement du scrutin n'inspire aucun commentaire, ni analyses. Onguette à travers la radio locale les résultats du taux de participation dansles autres agglomérations. Tous les envoyés spéciaux parlent du faible taux departicipation. Ces flashs sont ponctués de chants patriotiques ou par lesanalyses des invités qui, allant dans le même sens, incitaient les citoyens à allervoter. L'après-midi, le soleil tape fort. Le nombrede citoyens est beaucoup plus important que la matinée. Sans manifestationd'allégresse: des femmes en groupe et des personnes d'un certain âge sedirigent vers les centres de vote de Benfreha pour «s'acquitter du devoir»,comme a affirmé plus d'un votant abordé. A pareil horaire et en parallèle desélections passées, élections présidentielles de 2004 et référendum de 2006, leflux en est bien inférieur et ce constat est partagé par tous les animateurs duscrutin. Les jeunes, en attendant le match de 18 heures entre l'ESS et le clubjordanien, remplissaient bien les cafés, indifférents à ce qui se passe. Dansles centres de vote désertés, il n'y a ni tension ni appréhension, tout lemonde discute avec tout le monde et chacun y va de ses propres pronostics. 19 heures, les mines fatiguées, tout le mondeest plus ou moins fixé sur le taux de participation. Pour la plupart desagglomérations visitées, un électeur sur deux s'est abstenu de voter, sinon moins.Le premier des verdicts qui est tombé tard dans la nuit, fortement attendu, estcelui du nombre de votants. La banlieue a voté presque doublement que la villed'Oran. Chacun y va de son explication. A Hassi Bounif, la joie est à son comble.Chaabni, tête de liste du FNA et président du club de football local, est élude même que Tehami du PT. Deux partis qui dérogent à la règle du vote consacré.«La banlieue vote beaucoup plus pour diverses raisons», explique un professeuruniversitaire habitant la commune de Hassi Bounif. «La première raison,précise-t-il, s'explique par le fait que le vote constitue pour les citoyensqui habitent les nouveaux îlots d'habitation, sans en être totalementpropriétaires des terrains, une raison de plus pour justifier la résidence dansla commune». Et d'ajouter que les partis qui ont choisi aux premières loges dela liste des candidats issus de la banlieue savent que l'électorat est fortnombreux dans ces agglomérations où l'on continue, quoi que l'on dise, à voterutile à entendre voter «ould el bled». Et ce n'est pas pour rien pour le FNA oule PT qui ont placé chacun en tête de liste des candidats habitant HassiBounif, commune qui compte plus de 60.000 habitants.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : T Lakhal
Source : www.lequotidien-oran.com