Oran - Revue de Presse

Sauver les apparences



L'Unionméditerranéenne (UM) est morte dans l'oeuf, vive l'Union pour la Méditerranée (UPM) !Dansle plus pur style des faux évènements heureux, Paris et Berlin ont le bonheurde vous annoncer qu'ils s'entendent à nouveau et qu'ils ont conclu un«compromis». La teneur du compromis n'est pas connue. Il sera dévoilé le 13mars prochain lors du Conseil européen de Bruxelles. Ce sera même uneproposition «commune».AHanovre, Angela Merkel etNicolas Sarkozy se sont rencontrés et se sont entendus: au lieu de parler d'unenterrement, faisons semblant de parler d'une naissance. L'art de la diplomatien'est-il pas de savoir sauver les apparences ? Mais cela n'empêchera pas deconstater qu'au-delà de ces apparences, Mme Angela Merkel a définitivement imposé ses vues à Nicolas Sarkozy. Lanouvelle appellation, Union pour la Méditerranée, sert à ménager le présidentfrançais et à masquer, autant que faire se peut, que son projet de«civilisation» a été bel et bien enterré.D'ailleurs,on le dit aussi expressément: l'Union pour la Méditerranée, c'estle processus de Barcelone. A la limite, un «fortifiant» pour Barcelone, maispas «autre chose». Les Allemands n'entendaient pas qu'il en soit autrement. Poureux, il était hors de question qu'une Europe méditerranéenne puisse seconstituer à l'intérieur de l'Europe pour mener sa propre politique et s'érigeren contre-pouvoir au sein de l'UE. C'est donc unprojet «diviseur», selon eux.Acela s'ajoute le soupçon, exprimé il est vrai avec un certain tact, que l'Unionméditerranéenne (UM) va servir à grappiller les fonds communautaires, alors quel'Europe n'en est pas partie prenante. L'UM, vue d'Allemagne, devenait unesorte de «Françafrique» méditerranéenne dispendieuse.Exit donc l'UM et bienvenue à l'UPM!C'estquoi l'UPM ? Une vieille chose qui s'appelle leprocessus de Barcelone, dans lequel les 27 Etats européens participent. Mme Angela Merkel vient decontraindre le président français à faire une sévère révision de la géographie:le nord de la Méditerranée, ce n'est pas la France, l'Italie etl'Espagne, mais l'Europe tout entière. Elle l'a faitavec suffisamment de fermeté pour contraindre Paris à chercher le compromis quisauve les meubles. On a bien enterré le projet, tout en essayant de suggérerque l'idée existe toujours, qu'elle n'est plus française mais européenne. Cetteeuropéanisation ne se fonde pas sur du neuf mais sur du vieux, sur l'existant, mêmes'il laisse à désirer.Le«compromis» montre aussi qu'il est difficile dans une Union européenne qui adéjà fait du chemin, de faire des choses sansconcertation préalable avec les partenaires. La manière de faire de Sarkozy, quiconsiste à annoncer des choses et à les faire avaliser par la suite, vient derencontrer cette réalité européenne... Et aussi le poids déterminant del'Allemagne.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)