L'arméecolombienne a bénéficié du «savoir-faire» du renseignement américain pourlocaliser en territoire équatorien le groupe armé des FARC à la tête duquel setrouvait Raul Reyes, numéro deux de cette organisation. Cette coopérationautorise à comprendre que l'opération menée sur cette base par les militairescolombiens sur le sol d'un pays voisin a reçu l'aval de Washington. Sans unecouverture du puissant allié du Nord, l'on imagine mal le président colombienordonner une incursion qui a violé la souveraineté de l'Etat équatorien, avectous les risques d'embrasement qu'elle comporte pour la région.Depuisle 11 septembre, seul compte pour les Etats-Unis la neutralisation de la «menaceterroriste» et peu importe que les actions menées par eux ou leurs «alliés»dans cette guerre transgressent la légalité internationale. Les FARC ayant étéinscrites par Washington dans la liste des organisations terroristes, représentantune menace pour la sécurité nationale de l'Amérique, il importe peu dans cettecapitale que l'armée colombienne ait opéré en territoire étranger pour «ladécapiter».L'opérationengagée par l'armée colombienne a été d'autant bien vue par Washington qu'ellemet un terme à une dynamique de négociation pour la libération des otagesdétenus par les FARC, dont Ingrid Bétancourt la Franco-Colombienne,dont le cas suscite une très forte mobilisation internationale populaire etmédiatique.LesEtats-Unis désapprouvent d'autant ce processus que leur ennemi intime dans larégion, le président vénézuélien Hugo Chavez, en est apparu le pivotincontournable. Que l'incursion colombienne provoque une vive tension entre Bogota et ses voisins n'est pas pour contrarier George W. Bushet ses conseillers. C'est au contraire l'occasion pour eux de faire donner àplein leur propagande consistant à coups d'amalgame à présenter les présidents vénézuélienet équatorien (ce dernier étant perçu à Washington comme un allié doctrinal deChavez) en tant que soutiens du terrorisme international incarné en Amériquelatine par les FARC.Leprésident colombien a, en guise de justification de l'opération menée par sesmilitaires, opportunément brandi les «preuves» de la collusion de Chavez avec lesrebelles. A savoir que Caracas a non seulement financé cette organisation«terroriste» à hauteur de 300 millions de dollars, mais qu'elle lui auraitégalement fourni de l'uranium. Des «arguments» dont les Etats-Unis se sontservis avec le résultat que l'on sait en Irak.Lalutte contre le terrorisme est devenue le prétexte pour Washington pourdéstabiliser partout à travers le monde les oppositions qui se manifestentcontre sa politique d'hégémonisme impérial. Celle qui fait tache d'huile enAmérique latine, et dans laquelle Hugo Chavez joue un rôle fédérateur, aatteint, du point de vue des stratèges américains, un niveau de «dangerosité»pour les intérêts des Etats-Unis qu'il leur faut neutraliser, quitte àprovoquer des conflits armés entre les pays voisins de la région. C'est ce quel'opération colombienne approuvée par eux devrait enclencher.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com