Oran - Revue de Presse

Oran Le corps d'un harrag identifié grâce à la puce de son portable



La douleur se lisait, hier, sur tous les visages de très nombreux citoyens qui ont tenu à accompagner, à sa dernière demeure, le jeune Youcef dont le corps a été repêché, avant-hier, aux alentours du port méthanier de Béthioua, dans la wilaya d'Oran. Il y a aussi lieu de signaler la fin du cauchemar pour ses parents qui, n'ayant jamais cessé la recherche de leurs fils depuis la veille de l'Aïd El-Adha, date à laquelle il n'a plus donné signe de vie, peuvent, enfin, consommer leur deuil. Avant-hier, les gendarmes de la localité, dépêchés sur les lieux, découvriront un corps totalement méconnaissable du fait du long séjour en mer. Ils trouveront, néanmoins, dans une pochette de ce qu'il restait d'un pantalon un téléphone portable et quelques euros. Ils réussirent à réactiver la puce pour appeler un des numéros trouvés dans le répertoire et dès la première réponse ils sauront que le cadavre est bien celui de Youcef. Son corps a été évacué vers la morgue de l'hôpital d'El-Mohgoun pour l'autopsie d'usage. Youcef est un jeune de 25 ans, sans histoire, tout comme ses camarades du dernier voyage habitant la même ville de Béthioua: Bilal 22 ans, Nabil 25 ans, Omar 24 ans, Boubekeur 24 ans et trois autres jeunes dont deux sont originaires d'Arzew et un de Aïn El-Bia. Tous sont encore portés disparus. Personne n'a pu répondre au pourquoi d'une telle périlleuse aventure sachant que ces jeunes, même sans emploi fixe, ne vivaient pas dans la grande pauvreté. Quelques témoignages glanés, ici et là, rapportent que ces jeunes, au tout début étaient au nombre de onze à s'être préparés pour tenter la traversée. Aux derniers instants deux jeunes se désisteront. Depuis lors, aucune nouvelle de ces neuf harraga. Les parents ont cherché partout sans succès: au Maroc, dans les camps de transit en Espagne, notamment, et auprès des connaissances installées de l'autre côté de la Méditerranée. Mais l'espoir, l'infime espoir de les revoir un jour vivants, a permis aux parents d'entrevoir un quelconque signal qui leur permettra d'attendre leur retour. Ne pouvant consommer le deuil d'un disparu dont on n'a pas retrouvé le corps, les parents, au fil du temps, n'avaient plus qu'un seul souhait: celui de retrouver les dépouilles et de les inhumer là où ils sont nés. Maintenant que Youcef a une sépulture au cimetière de Béthioua, ses parents se sentiront un peu soulagés car au moins ils pourront se recueillir sur sa tombe. Tous les présents pointaient du doigt non pas ces jeunes à qui ils leur trouvent des circonstances atténuantes mais, bel et bien, ces commerçants de la mort qui n'hésitent pas à vendre des barques de fortune qui ne mènent nulle part ailleurs sinon, peut-être, à la mort. Les jeunes de Béthioua souffrent tout autant du chômage et de la malvie et le problème des harraga est devenu un vrai drame national.
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