Oran - Revue de Presse

Rhétorique anti-iranienne



Le président des Etats-Unis s?est livré à l?un de ses plus violents discours contre l?Iran, comme s?il s?agissait de gommer l?effet laissé par le rapport de ses propres services de renseignements qui ont indiqué que Téhéran n?avait plus de programme nucléaire militaire.Les Etats arabes du Golfe ont-ils besoin d?être rassurés sur l?Iran ? La presse occidentale le matraque, comme une évidence de propagande. Pourtant, les responsables des Etats de la région rencontrent régulièrement leurs homologues iraniens. Les Saoudiens ont fait sagement savoir, avant l?arrivée de Bush, que s?ils ressentaient une «menace» de l?Iran, ils en parleraient directement avec Téhéran.Les intentions «pacifiques» des Américains dans la région ayant débouché sur le désastre irakien, on peut comprendre la précaution des Saoudiens. Très peu dans les opinions, malgré le matraquage insidieux visant à jouer les Arabes contre les Perses et les sunnites contre les chiites, croient que l?Iran est une menace. A plus forte raison quand M. Bush présente le Hezbollah comme un mouvement terroriste et demande aux Etats arabes de normaliser avec Israël et de s?allier avec lui contre l?Iran.Même des Etats arabes timorés auront de la peine à convaincre leurs citoyens que l?Iran est l?ennemi et qu?Israël est un «ami» animé d?intentions pacifiques dans la région. Certains, comme les Saoudiens, font savoir publiquement qu?ils ne comptent pas être embrigadés dans la mise en scène guerrière de Bush. Les manipulations autour de l?incident du détroit d?Ormuz devraient les convaincre de ne pas être crédules. Le discours à géométrie variable du locataire de la Maison-Blanche sur la démocratie et la liberté, déjà confondu dans la réalité, est totalement sans effet sur les populations.Ils retiendront, une fois de plus, que Bush s?est livré à une diatribe violente, belliqueuse, infondée, qui se pique de prendre à témoin les Iraniens contre leur gouvernement.En réalité, les Etats arabes n?ont pas besoin d?être rassurés sur l?Iran, ils doivent surtout s?inquiéter de ce que pourrait faire George W. Bush durant ce qui lui reste de son mandat. Sa visite dans la région est une pression sur les Etats arabes en vue de les amener à le suivre dans sa croisade anti-iranienne. En d?autres temps, certains de ces Etats l?auraient suivi les yeux fermés et ils l?ont fait dans un passé récent. Mais en allumant la poudrière irakienne, Bush a détruit un pays, dénaturé la démocratie, ruiné le droit international et créé une instabilité générale. L?occupation de l?Irak n?a pas eu l?effet de domino démocratique, comme le prétendaient les idéologues militaristes, mais elle a indéniablement un effet domino en matière d?insécurité.Bush n?a encore que quelques mois à la Maison-Blanche, mais il peut encore causer du tort aux peuples de la région. Sa diatribe anti-iranienne le montre clairement. Raison de plus pour ne pas le suivre dans sa croisade. Ryad n?est pas loin de Téhéran. Les responsables de ces pays peuvent se parler sans avoir besoin d?être chaperonnés par Bush.
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