Qu?il ait renoncé ou pas à son programme nucléaire militaire, l?Etat iranien est et reste aux yeux du président américain George W. Bush l?ennemi numéro un de la planète, dont les Etats-Unis auraient à ce titre mission au nom de tous à conjurer la menace. C?est ainsi résumée la teneur du propos extrêmement dur qu?il a tenu contre le régime de Téhéran dans le discours qu?il a prononcé hier au Bahrein, l?une des escales de son périple moyen-oriental.L?hôte du Bahrein a égrené un chapelet de griefs à l?encontre de Téhéran pour justifier qu?il ait qualifié son régime en place de «constituer une menace pour les Etats du monde». Ce régime a été donc accusé d?être le pourvoyeur en armes et finances du terrorisme international, notamment en Irak et en Afghanistan, de soutenir des organisations qui oeuvrent à déstabiliser le Liban et à empêcher la réalisation d?un accord de paix en Palestine et, bien entendu, de mentir à la communauté internationale sur ses intentions en matière de programme nucléaire. En somme, selon le président américain, l?Iran serait le mal absolu qu?il veut «neutraliser», quitte à lui déclarer la guerre.De fait, son discours au Bahrein est un véritable plaidoyer pour une telle éventualité, à laquelle pourtant des analystes avaient estimé qu?il aurait définitivement renoncé au constat du fiasco de son aventure irakienne, mais surtout après que tous les services de renseignement américain eurent soutenu qu?une guerre contre l?Iran ne s?imposait pas dans l?immédiat puisque Téhéran a renoncé à son programme nucléaire militaire.Il faut croire que «l?humeur belliciste» de George W. Bush a été requinquée à Tel-Aviv où il s?est rendu en visite et où on lui aurait fait comprendre que, renoncement ou pas des Iraniens à l?option nucléaire militaire, leur pays est un danger potentiel permanent pour l?Etat hébreu, auquel il est attaché par ses convictions mystico-religieuses. En prononçant un discours aussi dur contre l?Iran dans une capitale arabe, dont le pays est de surcroît en litige avec cet Etat sur la question de l?appartenance territoriale de certains îlots du Golfe, le président américain a pu penser que ses propos seraient favorablement accueillis par les dirigeants bahreinais, qui l?épauleraient alors dans sa tentative d?enrôlement des autres dirigeants arabes à sa croisade anti-iranienne. Il a choisi de muscler son discours anti-iranien à partir de Bahrein également pour, à la veille de sa visite à Ryadh, récuser les réserves et critiques émises dans le Royaume saoudien contre ses menaces de guerre qu?il ne cesse de brandir contre l?Iran voisin. La presse saoudienne gouvernementale ou proche de ce milieu a en effet exprimé le refus du royaume de suivre le président américain dans sa démarche de «va-t-en guerre» en l?accusant de ne pas mesurer toutes les implications qu?une nouvelle guerre du Golfe pourrait avoir sur le devenir de la région et par conséquent du Royaume saoudien lui-même.L?inquiétant dans l?attitude de George W. Bush est qu?il est toujours hanté par son obsession de régler les problèmes par la force et l?intervention militaire, et qu?il n?a pas renoncé à s?offrir un nouveau «coup d?adrénaline» avant la fin de son mandat. Et peu importe que le monde s?embrase.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com