Après le rejet des projets de statuts particuliers par la coordination inter-syndicale de la fonction publique, regroupant douze organisations syndicales, suivi par les syndicats de l'Education nationale et de la Santé publique, le syndicat national des paramédicaux s'est joint à cette campagne de contestation. Hier, le syndicat national des paramédicaux (SAP) a rejeté «catégoriquement et fermement» l'avant-projet du statut particulier des paramédicaux présenté par la commission nationale des statuts du ministère de la Santé et de la Réforme hospitalière. Les syndicalistes dénoncent une volonté de «clochardisation» de la profession paramédicale par la tutelle «qui n'a pris en considération aucune des propositions du syndicat autonome». Ils accusent la tutelle de tenter de «dévaloriser» cette profession en confectionnant un statut sur mesure servant «l'intérêt de certaines personnes afin de favoriser l'ouverture des écoles privées de formation paramédicale». Le SAP regrette que les négociations menées avec la commission mixte (syndicats/ministère de la Santé) pour l'élaboration d'un nouveau statut particulier, se soient avérées une vraie «perte de temps». Il accuse la tutelle de faire cavalier seul sans aucune consultation des premiers concernés par ce nouveau statut particulier. Le principal point qui soulève le courroux des paramédicaux demeure la question de l'ouverture du secteur de la formation des paramédicaux aux écoles privées ce qui risque, selon les syndicalistes, de causer un grand préjudice à cette profession. «On avait proposé à la tutelle d'introduire le nouveau système LMD dans la formation des paramédicaux. Les nouveaux bacheliers obtiendront, après trois ans de formation universitaire, une licence professionnelle qui leur ouvrira les portes du travail, mais qui est surtout reconnue par la fonction publique, contrairement aux diplômes délivrés par les écoles privées qui offrent des embauches limitées aux jeunes paramédicaux», explique Gachi Lounès, secrétaire général du SAP. Il ajoute que ces diplômes délivrés par ces écoles ne permettront à leurs détenteurs que d'exercer dans des cliniques privées sans aucune perspective d'évolution et d'amélioration de leurs connaissances. «La tutelle veut nous limiter dans la seule formation paramédicale, sans aucune alternative pour le perfectionnement de nos connaissances. Notre syndicat défend le droit des paramédicaux à une formation universitaire performante, mais qui leur donne surtout la chance de continuer leurs cursus pour obtenir un master, puis un doctorat», révèle le même syndicaliste qui s'est également interrogé sur le changement de cap «surprenant» de la tutelle. Ce qui irrite les syndicalistes c'est que «l'avant-projet du statut particulier, en ouvrant le créneau de la formation au privé, classe la majorité des paramédicaux dans la catégorie (B/10) au lieu de la classe (A/11) qui ouvre la possibilité aux paramédicaux de monter dans les grades». On note, dans ce contexte, qu'il existe 22 spécialités dans le corps des paramédicaux, mais seulement quelques-unes comme celle des anesthésistes ont été classées dans la A/11 contrairement à la majorité des autres spécialités. Le SG du syndicat autonome signale, par ailleurs, que cet avant-projet risque, s'il est approuvé, d'accélérer une rétrogradation de la profession. «Il y a sûrement des intérêts derrière cet avant-projet que nous rejetons catégoriquement. On va réunir, le plus tôt possible, notre conseil national, en session extraordinaire, pour décider des actions à entreprendre. On est prêt à aller loin dans notre contestation. S'il faut aller à la guerre on est, désormais, prêts», conclut notre interlocuteur. Le syndicat autonome affirme qu'il s'opposera «fermement à toutes les magouilles entreprises par certains lobbies qui veulent accaparer la noble profession» du paramédical.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Sofiane M
Source : www.lequotidien-oran.com