Histoire de démontrer que lesfinances publiques font l'objet d'une gestion transparente et sont mobiliséesen fonction des intérêts stratégiques du pays, des sources officiellesdélivrent régulièrement depuis quelques années des bulletins d'informationconcernant les principaux indicateurs dont les évolutions permettent d'estimerla situation financière nationale. De ces informations qui sont portées à leurconnaissance, les citoyens n'ont retenu que l'évidence d'un Etat disposant d'unconsistant matelas d'argent, que le surenchérissement des prix deshydrocarbures continue de gonfler à une vitesse grand V. L'on comprend qu'ilsont été alors cueillis à froid et totalement désarçonnés par l'affirmationassénée récemment par Hamid Temmar que «l'Etat n'a plus d'argent». L'assertionva tellement à contre-courant du discours officiel que beaucoup doutent que leministre l'ait effectivement proférée. C'est que pour le citoyen lambda, un telconstat est en totale contradiction avec la certitude qu'il a que son Etat apeut-être tous les défauts mais qu'il est «au moins riche». Temmar ayanteffectivement avancé le propos qui fait scandale, il faut s'interroger sur sapertinence et la réalité de son contenu.Des experts financiers necontestent pas la véracité du constat soutenu par Hamid Temmar, au principequ'effectivement les milliards de dollars dont est crédité le pays sontmobilisés pour financer les pharaoniques chantiers structurants engagés dans lepays, qu'ils ont servi au remboursement de sa dette extérieure et couvrent lesdépenses d'importation et de fonctionnement et d'autres interventions del'Etat. Ce qu'ils réfutent, c'est la brutalité des mots employés. Cela d'autantqu'ils n'étaient pas destinés exclusivement aux milieux des experts financiersen mesure de décoder sans passion particulière leur véritable signification.Pour ces experts, si Hamid Temmar voulait faire comprendre à l'opinion publiqueque l'Etat n'a pas effectivement d'argent pour en dépenser autrement que dansle développement du pays, il aurait dû le faire sans recourir à cetteformulation lapidaire, dont les citoyens n'ont retenu que le ton alarmiste.Les simples citoyens qui ont prisconnaissance du propos de Hamid Temmar ne se sont pas en effet questionnés surl'argumentaire financier qui pourrait le justifier. Ils l'ont tout simplementpris à la lettre, pour en retirer que l'argent de la Nation est donc dilapidé.Temmar ou d'autres pourront désormais plaider à l'infini le contraire, avancertous les chiffres, aligner tous les ratios, ils ne pourront plus contrebalancerles effets ravageurs d'une phrase mal pensée d'une «intention pédagogique», dontil n'a pas été réfléchi qu'elle serait si gravement préjudiciable au messagecensé être le sien. Hamid Temmar, en plus d'être un ministre de la Républiquetrès controversé, est désormais également à classer dans la catégorie despersonnalités «gaffeuses», dont les manifestations sont autant de risques àgérer pour leurs amis politiques.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com