Oran - Revue de Presse

Le FLN n'est pas tout le peuple



Electoralement,le FLN est bien la première formation politique du pays. Ce statut, l'ex-partiunique le doit en grande part à la fidélité que lui manifeste, contre vents etmarées, un segment de la population toujours sensible au symbole prestigieuxhistoriquement que fut son sigle. Il le doit également à ce que sescompétiteurs sur la scène partisane lui disputent sa primauté, mais enreproduisant jusqu'à la grotesque caricature ses tares qui ont éloigné de luila majorité des citoyens. C'est en somme pratiquement «par défaut» quel'ex-parti unique conserve sa position dominante sur l'échiquier politique.Cequi n'en fait pas pour autant une formation ayant légitimité à prétendreexprimer la volonté du peuple dans son entier. Une prétention qu'a pourtantosée en son nom son secrétaire général, Abdelaziz Belkhadem, quand, pourjustifier la demande de révision de la Constitution pour permettre à Bouteflikade briguer un troisième mandat, il a impudemment affirmé qu'elle a l'adhésionde tout le peuple.Mêmesi ses scores électoraux ont fait du FLN le premier parti, cela ne lui octroiepas le droit de s'exprimer au nom de l'ensemble du peuple. Libre à lui de menercampagne pour la révision de la Constitution, mais pas de se poser enreprésentant de la volonté populaire. Il est d'ailleurs des esprits lucides enson sein qui ont parfaitement conscience de l'inanité de cette prétention. Cepourquoi ils renâclent à l'idée d'un référendum populaire sur la question.Cen'est pas uniquement pour revaloriser l'institution qu'il préside que Ziari asuggéré le recours à la voie parlementaire pour la révision de la Constitution.Le président de l'Assemblée nationale a en fait exprimé la crainte ressentie ausein même du FLN, que la majorité des citoyens, contrairement à ce que soutientBelkhadem, n'est pas pour le changement constitutionnel défendu par l'ex-partiunique.Leparadoxe est pourtant que le FLN, qui mène campagne pour cette révision de laConstitution qu'il présente comme une demande émanant du peuple unanime, nepeut prendre à son compte la suggestion de Ziari qui fait litière del'expression de la volonté populaire. Des juristes «pointilleux» argueront,bien entendu, que le Parlement est lui aussi «légataire de la souverainetépopulaire». Sauf qu'ils ne convaincront jamais qu'une révision de laConstitution, avec les enjeux aussi importants qu'elle comporte ainsi faite, nesera pas une opération «à la sauvette», dont le peuple aura été, par peur deson verdict, tenu à l'écart.L'onsait qu'en politique, la fin justifie les moyens, tous les moyens. La fin en lacirconstance est la réélection de Bouteflika. Quitte à faire faire au FLN levirage de ne plus reconnaître à ce peuple dont il se prétend le porte-parole,la primauté de son expression sur le projet de révision de la Constitution. Cene sera de toute façon pas la première fois que l'ex-parti unique manifesterasa dextérité dans le changement de veste.
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