Le Conseil de sécurité de l'ONU travaille bien. Si bien que certains grands dossiers relatifs à des conflits qui empoisonnent les relations internationales et hypothéquent l'avenir de peuples comme les Palestiniens ou les Sahraouis, sont restés curieusement ouverts. Au grand dam de la légalité internationale et des droits des peuples à disposer d'eux-mêmes. Le dossier de décolonisation au Sahara Occidental, un conflit vieux maintenant de plus de 30 ans, est un parfait exemple de cette apathie d'un organe pourtant réputé pour ses décisions rapides dans d'autres dossiers moins urgents. Moins dramatiques. Un drame de plus pour les Sahraouis que le fait de voir le Conseil de sécurité de l'ONU se rassembler et élaborer des résolutions restées depuis plus de 20 ans «lettre morte». La tournée dans la région qu'entame le représentant personnel du SG de l'ONU apportera-t-elle un souffle nouveau pour ouvrir la voie à une sortie de l'impasse de cette question ? Il est fort probable qu'elle ne serve qu'à appesantir davantage les termes de ce conflit, enlisé depuis le cessez-le-feu de 1991 dans les couloirs bureaucratiques de l'ONU et des complicités politiques avérées au sein du Conseil de sécurité. Que vaut cette tournée de Van Walsum dans la région, ou que pèse-t-elle devant le poids de certains pays siégeant au Conseil de sécurité, qui ont depuis l'occupation marocaine du Sahara Occidental joué aux «fakirs» pour mystifier tous les efforts de la communauté internationale tendant vers une résolution pacifique de ce conflit sur la base du processus référendaire ? A-t-on le droit de dire que le processus de Manhasset fait partie d'un scénario hollywoodien dans lequel les Sahraouis sont les méchants, comme naguère les Indiens massacrés par Custer, et que le Maroc, reconnu comme puissance occupante, est une victime de machinations onusiennes abracadabrantes ? Ce simulacre dure en fait depuis quelque temps. Suffisamment pour s'interroger pour savoir si le Conseil de sécurité de l'ONU a vraiment conscience qu'il hypothéque, par ses résolutions jamais appliquées, l'avenir de tout un peuple. Toutes les résolutions de l'ONU prises dans le sens d'un règlement pacifique de ce conflit, à travers l'incontournable organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara Occidental, butent sur la mollesse du Conseil de sécurité à les faire appliquer. Pire, la puissance occupante y a trouvé matière à bomber le torse, notamment à travers un document sur une autonomie de ce territoire occupé, du fait de ce détachement inavoué du Conseil de sécurité vis-à-vis de l'urgence d'une solution au drame des Sahraouis. Il est grand temps que le Conseil de sécurité prenne enfin ses responsabilités dans ce conflit et fasse avancer les choses. Sinon, tout ce qui se fera n'aura que l'aspect d'un simulacre diplomatique, où les parties viendront deviser sur la météo qu'il fait au siège des Nations unies. Le processus de Manhasset est-il un piège pour les Sahraouis, obligés de faire concession sur concession aux Marocains qui ont mis dans le ghetto ce dossier ? Une réponse urgente du Conseil de sécurité serait la bienvenue.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Ali Babès
Source : www.lequotidien-oran.com