La station de la Sincérité
Après avoir purifié ses membres extérieurs de tout péché par le repentir, il faut purifier son intention dans chaque acte par la sincérité (al-ikhlâs). Ne pas être sincère est une forme d’associationnisme (shirk) puisque l’acte n’est pas voué exclusivement à la satisfaction de l’Éternel. La sincérité, c’est pouvoir par ses adorations atteindre Dieu Seul, se rapprocher de Lui sans autre but, telle la recherche des éloges de Ses créatures. Quand le culte est pur, Dieu l’accepte, s’il ne l’est pas, Il le refuse ; d’où le hadith du Prophète à ce propos : « Dieu est pur et Il aime le pur. » [1] Par la sincérité, la vie du musulman peut être complètement vécue dans l’adoration, en la vouant dans le moindre des ses détails à Dieu. Tout acte de la vie, aussi banal soit-il, peut se transformer en adoration par la simple intention sincère. Ainsi, le croyant vit dans la perspective de l’au-delà :« Dis : « En vérité, ma prière, mes actes de dévotion, ma vie et ma mort appartiennent à Dieu, Seigneur de l’univers. A Lui nul associé ! Et voilà ce qu’il, m’a été ordonné, et je suis le premier à me soumettre. » Dis : « Chercherai-je autre Seigneur que Dieu, alors qu’Il est le seigneur de toute chose ? »
Sourate 6, Al An’am (Les bestiaux), versets 162-164
Les oeuvres ne sont que des formes, et leur âme est l’existence de la sincérité en elles. La sincérité est l’arme redoutable contre Satan :
« Il (Satan) dit : Par Ta gloire , je les séduirai assurément tous, sauf Tes serviteurs les plus sincères d’entre eux. »
Sourate 38, Sâd, versets 82-83
Ainsi disait-on : « Celui qui obtient de toute sa vie un seul instant dans lequel il voue sincèrement et exclusivement le culte à Dieu sera sauvé. » C’est dire combien la sincérité de l’intention est rare et combien il est difficile de purifier le coeur de toutes les tares et les flétrissures. Abû ya’qub as-Sussi dit dans le même sens : « La sincérité consiste à perdre la vision de la sincérité. Car celui qui voit de la sincérité dans sa sincérité, sa sincérité a besoin de sincérité. » C’est à dire qu’il est nécessaire de débarrasser tout acte de l’orgueil, car s’arrêter à la sincérité et la voir dans l’acte est une forme d’orgueil qui rend l’oeuvre vaine.
La station de la Crainte et l’Espérance
La crainte (al-khawf) et l’espérance (ar-rajâ) sont deux qualités essentielles et nécessaires pour tout croyant voulant prétendre au cheminement spirituel. En méditant sur le Coran et sur la manière d’éduquer les âmes et les coeurs, on constate qu’il est riche de versets décrivant la colère de Dieu pour susciter Sa crainte. Il comporte aussi d’autres versets décrivant Sa Clémence, Sa Miséricorde, Son Pardon pour susciter l’espérance (rajâ) en Lui.
Ahmed Nawrî nous dit à ce propos : « le craintif (al-khâ^fi) fuit Dieu vers Dieu. » Et selon Abû Qâsim : « Quand on craint quelque chose on la fuit, mais quand on craint Dieu, on fuit vers Lui. »
« La crainte et l’espérance sont l’équilibre escompté par la connaissance de Dieu pour pouvoir aller vers Lui. La crainte et l’espérance sont semblables aux deux ailes d’un oiseau, si elles sont équilibrées, l’oiseau est en équilibre et vole parfaitement et si l’une d’elles manque, son vol est déséquilibré ; et si les deux manquent, il risque de mourir » disait Abû `Ali Rudhbari.
La station de l’ascétisme
C’est un comportement vis-à-vis de ce bas monde qui résulte d’un état intérieur (hâl) et d’un sentiment de détachement. L’ascète n’est ni joyeux lorsqu’il reçoit, ni tourmenté lorsqu’il perd quelque chose dans ce bas-monde. Il consiste à savoir que ce bas monde est éphémère, donc sans valeur, pour pouvoir s’en éloigner facilement. Ainsi, le Coran dit : « Tout ce que vous possédez s’épuisera, tandis que ce qui est auprès de Dieu durera. »
Sourate 16, An-Nahl (Les abeilles), verset 96 « Sachez que la vie présente n’est que jeu, amusement, vaine parure, une course à l’orgueil entre vous et une rivalité dans l’acquisition des richesses et des enfants. Elle est en cela pareille à une pluie : la végétation qui en vient émerveille les cultivateurs, puis elle se fane et tu la vois donc jaunie, ensuite elle devient débris. Et dans l’au-delà, il y a un dur châtiment, et aussi pardon et agrément de Dieu. Et la vie présente n’est qu’une jouissance trompeuse. »
Sourate 57, Al Hadid (Le fer), verset 20
Sahl ibn Sâ’idi rapporte : « Un homme vint auprès du Prophète et lui dit : « Ô Envoyé de Dieu !
Indique-moi une oeuvre qui lorsque je l’accomplis, Dieu m’aime et les gens m’aiment. » Il lui répondit : « Ne convoite pas ce monde, Dieu t’aimera et ne convoite pas les biens des gens, les gens t’aimeront.»
L’ascétisme consiste à ce que le serviteur, quand il subit une adversité, telle que la perte d’un bien ou d’un être cher, soit plus attaché à la rétribution qui découle de la patience au moment de la difficulté qu’à la préservation et la possession de ce bien. ’Abi ibn Abî Tâlib disait : « Celui qui renonce à ce bas monde supporte aisément les coups de l’adversité. »
Le troisième point consiste en ce que pour le serviteur, il soit égal qu’on le complimente ou qu’on le dénigre du moment qu’il se maintient dans la vérité, car l’attachement de l’homme aux compliments est tel qu’il peut délaisser beaucoup de vérités par crainte de critiques.
C’est le sens de la parole d’Ibn Mas’ud quand il affirme : « La certitude consiste à ne pas chercher la satisfaction des gens par ce qui provoque la colère de Dieu. » Pour l’ascète, deux amours, celui de Dieu et celui de ce bas monde ne peuvent cohabiter dans un même cœur, puisque Dieu refuse et n’accepte guère l’association (shirk) : « Dieu n’a pas placé deux coeurs dans la poitrine de l’Homme. [...] »
Sourate 33, Al Ahzab(Les coalisés), verset 4
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com