Au regard de ce qui se passe localement comme évènement majeur, l'on se refuse d'emblée de vouloir s'étaler davantage sur des élections. Je n'ai plus goût à en parler. Les termes de la circonstance n'étant pas ce qu'ils devraient être, la situation s'est alors résignée juste à la dénonciation d'un tel ou d'un autre. Â L'on veut parler beaucoup plus de personnes que de stratégie. D'hommes que d'idéologie. D'appareils que d'approches politiques. Ailleurs, dans l'outre-Méditerranée, il y est question de débats contradictoires, de combats d'idées et de forces de conviction. L'évènement ainsi mauvaisement qualifié n'émeut personne et l'insouciance affichée des électeurs renforce aléatoirement le bonheur des candidats. L'idée politique dans ces joutes est mise de côté au profit de l'idée ramenant aux privilèges. Les hommes en lice tendent tous à développer l'utilité d'un tel acte électoral au moment où la multitude demeure accroché à un devenir qui ne rassure pas. Ainsi pour une énième fois tout le monde se retrouve non pas en face d'un choix mais en face d'une inquiétude. Pour remplacer la métaphysique traditionnelle Desttut de Tracy a imaginé une doctrine basée sur l'étude scientifique des idées reçues ou à élaborer éventuellement. L'idéologie. L'absurde côtoie la raison en cas de sacrifice d'une logique faite sur mesure avantageant l'un par rapport à la multitude. L'idéologie n'est donc pas uniquement une recette d'accaparement du pouvoir à l'aide de manoeuvres distinctes de l'éthique philosophique dont s'inspire la masse et qui guide en illuminant la voie de la providence le proviseur spirituel ou le général corps de masse chef suprême des forces d'idées ou de débats. En somme tout le monde se met à édicter des notes ou des circulaires et demande aux autres de les prendre pour idéologie indéfectible. Un simple éditorial en prend également la même prétention. Â L'on aurait aimé que nos leaders fassent des programmes d'abord puisés d'une idéologie bien structurée, identifiée et balisée. Car le slogan de campagne ne pourra jamais remplacer une plate-forme idéologique. Ni une campagne électorale tenir lieu d'un plan d'action partisan. Â Quelles sont les frontières idéologiques, avant que l'on détermine l'espace politique de tout un chacun des partis qui n'opèrent et sur injonctions qu'une certaine gestion administrative de leur organisation? Ni le socialisme ni son contraire ou ses corollaires ne semblent outre mesure animer les états-majors des partis. Tout y est dedans. De l'islam, la justice sociale, la libre initiative, les libertés publiques, la liberté d'expression, des droits de l'homme, la tolérance du culte, tout est pris pour élément fondateur d'idéologie. Alors que dans ces législatives, la photo du président mise en relief par certains est tenue pour, outre une allégeance au pouvoir; comme un parrainage. Au bonheur du président et des indécis, le sieur Saïd Bouchair, président de la commission nationale de surveillance des élections, vient d'y mettre fin. Sans scrupules, ces partis et partillons qui s'arrogent le droit du copier-coller l'effigie présidentielle pour en faire sentir un besoin de caution, vont aussi à utiliser toutes les notions des constances nationales et des principes fondamentaux tant de l'homme que de la nation. Les bombes, le terrorisme, le palais du gouvernement semblent leur être un riche plan de discours campagnard. Certains principes liés à l'homme de par le monde ou à la nature humaine, comme ceux consignés dans la déclaration des droits de l'homme sont intronisés sous un label à définir davantage et martelé comme «constantes nationales». Quel pays voudrait voir son intégrité territoriale se dissiper et se volatiliser au gré d'une humeur politique? Quel est ce peuple qui aurait sans coup férir le plaisir d'admettre la supplantation par une autre langue, sa langue maternelle? Quelle est la créature humaine qui s'empêche d'avoir la nostalgie du sol natal ou de se languir sur les origines lointaines de son être? Ainsi «les constantes» n'ont nullement besoin d'idéologie ou de charte référendaire. Elles sont et demeurent intimement rattachées à l'égo et aux profondeurs de chaque âme. Innées, elles s'auto greffent et s'épanouissent à mesure que grandissent l'amour de soi et la passion de la patrie. Â A force justement de rabâcher des préceptes puisés en dehors de l'intérieur du sentiment national, l'on finira toujours par broyer le peu de principes qui reste au fond de cette perception des choses. Il n'est pas consacré que ce sont les partis qui devront produire les idéologies, car les fabricants des idées d'où provient l'essence de toute idéologie sont diversement éparpillés à travers les annales de l'intelligence, du génie et de l'intellect. Ils peuvent toutefois ressurgir d'autres horizons moins rompus aux lois du scientisme et à la volonté de l'homme aussi érudit soit-il. La providence, l'autre. Bref. Â Il restera éternellement reproché à l'élite nationale son manque d'intrusion à défaut de pouvoir péricliter la tendance de la domination par les médiocres. Par principe, par essence une place abandonnée est vite occupée. Un bol non rempli d'un liquide, l'air ou la poussière s'en servent en toute guise.Il y aura certainement des gens qui vont être élus, d'autres non. Ceci est une arithmétique élémentaire. Le comble est aussi de combler l'hémicycle. Nos futurs députés, à l'instar de ceux qui les ont précédés diraient aussi en 2012, qu'ils n'avaient pas été écoutés, que leur ferveur s'estompait par devant les réticences d'un pouvoir fort dominant et omniprésent. Le cycle se perpétue ainsi de suite. Â Ce que à quoi pensent nos dirigeants et nos leaders n'est autre que le mauvais fruit d'une réflexion de petits politicards ou de simples vacataires politiciens. Mais chez nous, peut-on à la limite du possible parler d'une éventuelle existence de classe d'idéologues? C'est-à-dire de chefs de files charismatiques qui grâce à une intelligence avérée se sont mis à l'oeuvre de définir un tant soit peu les contours probables d'une thèse développant tout l'outillage nécessaire de l'idée politique. En fait de celle là (idéologie), ils se rassurent dans la profusion, actualité oblige, de positionnements, de propositions ou d'inaction. Le fondement philosophique des corporations dites à caractère politique est dans la totalité des cas, identique et commun à l'ensemble. Seules de minimes et légères différences se tiennent pour des lignes de démarcation, sinon tout le monde politique s'abreuve à la même source. Au plan de la perspective, seuls aussi quelques concepts inappréhensibles servent de canevas de fonds disons idéologique. Etre pour ou contre la privatisation, la préférence d'une manière économique par rapport à une autre, la revalorisation des salaires...en fait il ne s'agit que de revendications inscrites en marge d'un cahier identitaire et qui s'estompent au fur et à mesure que la vie, la société ou la nation avance. Â L'exemple le plus terrifiant qui exprime la faillite du politique et la carence de l'idéologue se confine bel et bien dans la crise qui secoue depuis bien longtemps le pays. La solution au sens de tout le monde reste du côté du pouvoir. Mais quel est le rôle ainsi dit de tout l'effectif en charge d'imaginer pour nous des projets de société? Que font pour ce faire ceux qui, par l'ascendance qu'ils sont tenus d'exercer sur la force au pouvoir, sont aussi tenus afin de l'amener à épouser les thèses salutaires? Â Si le politique n'a pu résoudre un problème politique, c'est à l'idée tout genre confondu de s'immiscer par d'autres moyens et de créer une dynamique à même de bouleverser les acquis et les préalables de la pensée. Nos députés auront à voter des lois, mais encore pouvoir crier haut et fort le silence tenu en laisse de leur électorat. Certes le vote continue à lui seul de constituer l'idéal moyen de l'expression libre quant aux choix de représentants. Mais comme la nature des choses l'aurait supposé l'horreur d'un usage de mauvais aloi se greffe envers toute intention. Qu'il soit direct ou indirect, utile, de sanction ou de refuge, uninominal ou universel, scrutin, suffrage ou referendum, en un ou deux tours; le vote n'est qu'une démarche démocratique qui exige impérativement d'autres initiatives, d'autres actions subsidiaires, de veille, de contrôle et d'authenticité. Voire de consensus au plein sens du contrat social. Â Il peut toutefois se faire bien avant qu'il ne puisse offrir une alternative quelconque aux électeurs. Un candidat tête de liste chez certains partis est un député déjà assuré de son succès. C'est plus qu'une certitude. C'est scientifique. Ah! si le génie partisan et occasionnel qui dure le temps que dure une campagne avec toute sa morosité, participait à l'élaboration de fondements et de valeurs pour le compte de la cité entière! Comme la carence de la réflexion trompe la société, celle des idéologues dupe les partis. Au moment où la faillite guette sans répit le politique.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : El Yazid Dib
Source : www.lequotidien-oran.com