Les dispositions relatives à la peine de travail d'intérêt général (TIG),
mode alternatif à la prison qui entrera en vigueur prochainement, viennent
d'être précisées dans le journal officiel paru dernièrement, contenu dans la
loi amendant le code pénal adopté par le Parlement, fin janvier dernier.
Pour s'en tenir à l'aspect strictement formel des références de la
législation, il s'agit de «la loi n°09-01 du 25 février 2009 modifiant et
complétant l'ordonnance n°66-156 du 8 juin 1966 concernant le code pénal». Le
texte énonce clairement les modes, les conditions et les principes de base de
l'application de ce nouveau dispositif. Dans le principe, l'application de
cette peine alternative garantit le non-recours systématique aux moyens
répressifs qui influent négativement sur les différents aspects de la vie des
condamnés. Ainsi, il est précisé dans le nouveau texte que la juridiction peut
remplacer la peine d'emprisonnement prononcée par l'accomplissement par le
condamné, pour une durée de 40 heures à 600 heures sur la base de 2 heures pour
chaque jour d'emprisonnement, d'un travail d'intérêt général non rémunéré dans
un délai qui ne peut excéder 18 mois au profit d'une personne morale de droit
public.
Les conditions requises ? Le prévenu ne doit pas avoir des antécédents
(un primaire comme on dit dans le jargon de l'administration pénitentiaire).
Etre âgé de 16 ans au moins au moment des faits incriminés. La peine prévue
pour l'infraction commise ne dépasse pas un an d'emprisonnement.
La durée du TIG prononcée à l'encontre d'un mineur ne peut être
inférieure à 20 heures et ne peut excéder 300 heures. La peine du TIG est
prononcée en présence du condamné et avec son consentement: il a le droit de la
refuser.
Par ailleurs, l'intéressé est averti qu'en cas de violation des
obligations résultant de l'exécution du TIG, la peine à laquelle a été
substitué ce mode alternatif sera exécutée à son encontre.
Il est également précisé, sur le plan application, que le juge
d'application des peines (JAP) veille à l'application de la peine du TIG et
statue sur les difficultés qui peuvent survenir. Le même magistrat peut pour
des raisons de santé, familiales ou sociales, surseoir à l'application de la
peine du TIG. Le TIG est soumis aux dispositions législatives et règlementaires
relatives à l'hygiène, à la sécurité, à la médecine du travail et à la sécurité
sociale, est-il souligné dans le même texte.
La deuxième partie de la nouvelle loi amendant le code pénal, dans son
chapitre «crimes et délits commis contre les personnes», énonce les nouvelles
sanctions - plus sévères - contre les personnes coupables de la traite des
personnes. Ainsi, la nouvelle loi resserre-t-elle l'étau contre les réseaux de
passeurs qui exploitent les harraga. En tout cas toute forme de traite humaine
sera punie à l'avenir d'un emprisonnement de 3 à 10 ans et d'une amende de
300.000 DA à un million de DA. Avec ces circonstances aggravantes: lorsque la
traite est exercée sur une personne dont la situation de vulnérabilité résulte
de son âge, sa maladie ou son incapacité physique ou mentale, apparente ou
connue de l'auteur, la peine encourue est l'emprisonnement de 5 à 15 ans,
assortie d'une amende entre 500.000 DA et 1,5 million de DA. Le législateur a également
prévu des sanctions plus coercitives particulièrement en matière de trafic
d'organes. «Quiconque, en contrepartie d'un avantage financier ou de quelque
nature qu'il soit, obtient d'une personne l'un de ses organes, est puni d'un
emprisonnement de 3 ans à 10 ans et d'une amende de 300.000 DA à un million de
DA». Aussi, «est puni des mêmes peines tout intermédiaire qui encourage ou
favorise l'obtention d'un organe prélevé sur une personne». Dans la même
logique des choses, toute personne qui prend part, de manière passive ou
active, à ce genre d'actes est passible de peines de détention clairement
fixées par la loi. Dans le chapitre «crimes et délits contre les particuliers»,
le trafic illicite de migrants est évoqué en premier. Avec cette définition en
préambule: «Est considéré comme trafic illicite de migrants, le fait
d'organiser la sortie illégale du territoire national d'une personne ou plus
afin d'en tirer, directement ou indirectement, un avantage financier ou tout
autre avantage». La nouvelle loi prévoit l'aggravation des sanctions lorsqu'il
s'agit de migrants mineurs.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : H Saaïdia
Source : www.lequotidien-oran.com