Oran - Revue de Presse

Fugace embellie, crise persistante



Après l'annonce d'interventions massives des gouvernementseuropéens et américains pour rétablir la confiance sur les marchés financiers, l'ensembledes places boursières ont d'abord réagi dans l'euphorie. Ce qui s'est traduitpar de spectaculaires remontées des indices, atteignant pour certaines desrecords historiques.

L'espoir d'un retournement de tendance sur ces marchés, suscitépar ces hausses, aura été de courte durée car les places boursières ontreplongé dans la déprime. A la confusion du directeur général du FMI, lefrançais Dominique Strauss-Kahn, qui s'est empressé de voir dans la très brèveembellie ayant fait frémir les bourses la démonstration que «le pic de la crisefinancière est derrière nous».

Moins optimiste, le tout nouveau lauréat du prix Nobeld'économie, l'Américain Paul Krugman, a lui avertique la crise financière va être durable et affectera l'économie réelle mondiale.Et de fait, l'économie américaine est déjà entrée en récession. Celles des payseuropéens suivent. Des deux côtés de l'Atlantique, les suppressions d'emploiss'amplifient.

Que faire quand les faramineuses enveloppes mobilisées parles Etats pour tenter d'enrayer l'écroulement du système financierinternational n'ont pas l'effet escompté ? A cetteinterrogation inquiète, les autorités financières des pays concernés répondentque les mesures prises vont mettre quelque temps avant d'être efficientes. Leséconomistes se montrent pour la majorité d'entre eux sceptiques car ilsestiment qu'il n'y a «rien dans les décisions arrêtées par les Etats-Unis, le G7et les principaux pays européens pour calmer les marchés. Pas de substance poury parvenir».

Qui alors, dans cette ambiance de panique qui secoue lespuissances les plus riches de la planète, se soucie de l'appel que l'Ethiopie, frappéepar la sécheresse et la famine, vient d'adresser à la communauté internationalepour lui demander de «ne pas oublier l'Afrique» ?

La crise financière a mis à nu un ordre mondial et unsystème économique international sans morale ni valeurs humanitaristes. Il nesuffit pas d'imputer le chaos qui caractérise l'état et la marche actuels dumonde à des décisions ou à des fautes individuelles. C'estdans la nature même de cet ordre et de ce système de vivre du chaos et de laprédation. Ce n'est pas en tout cas en supprimant la pratique des «parachutesdorés» que l'on apportera la solution à la situation que la crise financière acréée.

Le prix Nobel d'économie 2001 Joseph Stiglitzestime qu'il «faut revoir toute la manière de réguler le système. Il y a untrou dans le bateau et l'urgence est de le réparer. Mais il faut aussi changerle capitaine. Ce bateau est conduit par un alcoolique qui nous mène encore droitau rocher».

Avis alors aux électeurs américains. Car de leur vote ennovembre prochain dépendra en grande partie l'avenir du monde entier.


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