« Les élus locaux, notamment les maires, sont aujourd'hui appelés à formuler des projets au lieu d'attendre dans les couloirs des walis une rallonge financière pour parer aux urgences ». Tel est l'avis exprimé hier par le ministre chargé du Développement rural, le Dr Rachid Benaïssa, lors d'une conférence-débat ayant réuni des journalistes et des éditeurs de presse au siège du ministère de l'Agriculture. Il ne s'agit pas, à vrai dire, d'un simple avis, puisque Rachid Benaïssa a affirmé qu'une instruction du chef du gouvernement sera rendue publique, aujourd'hui ou demain, rappelant les élus des collectivités locales, notamment dans les zones rurales, à s'imprégner davantage pour formuler et mettre en oeuvre des projets de développement rural. Ce n'est peut-être pas une obligation, mais le ministre chargé du Développement rural a précisé que les élus locaux n'auront pas accès à la dotation financière inscrite dans la loi de finances 2007 et celle de 2008, s'ils ne présentent pas des projets d'investissements publics de manière intégrée. Autrement dit, les chefs de daïra, les maires et les walis sont appelés à identifier leurs propres experts pour initier des projets d'utilité publique et de s'inscrire dans la logique de la stratégie tracée par le secteur chargé du développement rural au cours de cette année. Les communes n'ayant pas encore installé des cellules d'animation locale sont appelées à les installer durant cette nouvelle année et les walis sont appelés à constituer un panel pour promouvoir des projets d'investissements publics. Les wilayas qui sont en retard sont appelées à s'inscrire dans le système informatique du Programme de soutien au renouveau rural (SI-PSRR), un outil efficace qui assurera, en temps réel, le suivi et l'évaluation des projets de proximité du développement rural, de la phase de formulation jusqu'à leur réalisation. Rachid Benaïssa a indiqué qu'à ce jour, 26 wilayas utilisent cet outil. « Les autres, je le répète, sont invitées à exploiter ce nouveau système qui contribue et d'une façon déterminante à l'accès aux ressources financières qui seront arbitrées dans le cadre de la loi de finances 2008 », a-t-il précisé. Il est porté à la connaissance de l'ensemble des élus locaux que 5 milliards de dinars ont été inscrits à l'intitulé des wilayas ayant utilisé le SI-PSRR dans le cadre de la loi de finances 2007. Et une dotation similaire est inscrite dans la loi de finance 2008, soit 10 milliards de dinars en tout. Le ministre chargé du Développement rural a, à vrai dire, initié cette rencontre en saisissant l'occasion de l'installation des nouvelles assemblées locales pour rappeler à l'ensemble des acteurs les principes de base de sa stratégie qui reste, malgré son efficacité, méconnue parfois par des responsables locaux eux-mêmes. M. Benaïssa a expliqué que l'adoption de la politique du renouveau rural était effective en octobre 2006, et ce par le président de la République. Cette politique a été suivie par l'élaboration puis la mise en oeuvre d'un Programme de soutien au renouveau rural (PSRR) pour la période 2007-2013. M. Benaïssa a indiqué que 2007 était la phase pilote de la stratégie de son département, et 2008 sera, selon lui, la phase de consolidation. Enfin, 2009 et 2013 seront les phases de généralisation du PSRR. Qu'est-ce qui a été fait concrètement dans ce domaine ? Rachid Benaïssa a souligné que le Programme de soutien au renouveau rural a permis dans sa phase pilote la formulation de 2.323 projets, dont une petite partie est en cours de réalisation. Le ministre chargé du Développement rural a annoncé le lancement de formations, dès le début de cette année 2008, phase de consolidation de la stratégie du développement rural, au profit de 3.500 associations qui sont déjà définies, ceci pour renforcer les capacités humaines et d'assistance technique. Enfin, la conclusion donnée par le Docteur Rachid Benaïssa est qu'aujourd'hui, le Programme de soutien au renouveau rural dispose de 19 directives gouvernementales, leur donnant ainsi les outils nécessaires pour un véritable renouveau. « Les maires et les chefs de daïra n'ont pas à attendre le nouveau code communal pour formuler des projets; ils ont entre leurs mains ces 19 directives à caractère administratif et financier qui leur faciliteront la tâche », a-t-il précisé. Le plus rassurant dans le discours de Benaïssa est qu'à l'heure actuelle, 1.450 communes se sont stabilisées, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas encore perdu de leur population. Benaïssa a indiqué, par ailleurs, que 11.000 familles sont revenues aujourd'hui à Aïn-Defla. Ceci dit, il y a encore de l'espoir pour essayer de stabiliser les populations dans leurs propres territoires. « Il faut savoir une chose: il n'y a pas de territoire sans avenir et il n'y a pas de territoire sans projet », conclut-il, en plaidant pour plus d'informations et pour la création de chaînes thématiques télévisuelles qui soutiendront la politique du renouveau rural.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Aziza
Source : www.lequotidien-oran.com