
La grandeur et la civilisation d'un peuple se mesurent à l'aune de son patrimoine culturel légué par les générations passées. Un patrimoine qui continue, encore de nos jours, à voir son influence en servant de référentincontournable pour toute création qui se veut authentique.Si certaines civilisations ont tiré avantage de leur patrimoine, à l'image de la Grèce qui a su marquer de son empreinte la pensée européenne dont les substrats ne sont autres que les écrits de Socrate, Platon, Homère, Euripide, Eschyle, Sophocle, Esope et bien d'autres qui constituent les fondements de la littérature occidentale, d'autres s'en sont détournées et sont tombées dans l'oubli de l'histoire qui ne leur concède plus qu'une reconnaissance toute modeste.Le patrimoine est un concentré d'histoire et de culture qui ont traversé les siècles pour s'exprimer au présent, mais cette expression pour certaines identités a été muselée par ignorance ou à dessein pour en effacer les traces et ne garder que ce qui convient aux politiques en charge des affaires du pays, extirpant ce qui rappelle aux peuples leur histoire et leur culture pour seriner ce qu'ils tiennent comme étant bon pour ces derniers. Les dommages causés se manifestent par une perte d'identité qui remet en cause le sentiment d'appartenance à une culture, à un peuple, à une civilisation.Le peu de cas qu'on fait de ce trésor renseigne sur la situation déplorable de ce secteur qui se meurt et dont la responsabilité première incombe aux commis de l'Etat qui, juste pour faire semblant, ont entrepris quelquesrafistolages et bricolages censés préserver ce patrimoine. Etudes, recensements, démarches et autres subterfuges pour faire accroire qu'on lui accorde de l'importance ne protègent nullement le patrimoine en question si l'on ne met pas la main à la pâte et que l'on n'entreprend pas destravaux de restauration pour préserver ces trésors. Ce patrimoine auquel on a attenté à plusieurs reprises, reste cependant et malgré les ravages du temps, un témoignage authentique de cette identité culturelle qui, hélas, n'a plus cours de nos jours.Saint Augustin, Apulée de Madaure (premier romancier au monde), Maxime le Grammairien par qui l'Afrique a pris possession de la langue latine, ont marqué par leur pensée l'Humanité qui leur reconnait ce mérite et observe jusqu'à nos jours leurs préceptes. Et l'Histoire tumultueuse de cette Algérie a été laprincipale pourvoyeuse de la richesse de son patrimoine qui avait par le passé rayonné sur le monde. Peintures rupestres du Tassili, premiers messages de nos ancêtres datant d'environ 10 000 ans, outils préhistoriques, objets de pierre taillée, sites archéologiques témoignant de civilisations disparues et ?uvres orales transmises de générations en générations ont chevauché les siècles pour se présenter aux nouvelles générations. Mais cette modernité insipide et stérile a ravalé cette génération au rang de consommateur invétéré de cultures importées qui lui ont fait perdre ses repères.Même en ce mois censé être celui du patrimoine, à Annaba, aucun programme aucune activité n'ont apparemment été prévus pour mettre en valeur ces trésors et intéresser le public à son histoire, à sa culture pour bien asseoir cette identité algérienne traumatisée, meurtrie et tiraillée et qui risque de se dissoudre car ses repères ont été confisqués.Nos sites archéologiques, notre patrimoine immatériel crient leur désespoir en silence à l'oreille sourde d'une génération qu'on a rendue amnésique.M. R.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Rahmani
Source : www.latribune-online.com