
Samir Ould Ali«Tant que le patrimoine ne sera pas considéré comme un atout économique, il sera toujours relégué au second plan.» Et tout est dit. Pourquoi le patrimoinehistorique oranais et, plus généralement algérien, ne bénéficie pas encore d'une attention particulière de pouvoirs publics et demeure essentiellement cette notion un peu vague de richesse mémorielle ' Parce qu'il n'a pas encore d'impact économique sur la ville, la région, le pays et ne génère pas de l'argent pour la collectivité. La phrase prononcée par Kouider Métaïr,président de Bel-Horizon (association qui lutte pour la préservation du patrimoine historique d'Oran depuis près de 15 années) explique l'indifférence frisant le mépris des autorités pour ce tout ce qui est patrimoine historique et biens culturels laissés à l'abandon depuis l'Indépendance. En un demi-siècle, combien de vestiges historiques ont été réhabilités et sauvés de la perdition. «L'idée n'est pas uniquement de restaurer des vestiges pour préserver la mémoire mais également pour intégrer les biens culturels et historiques dans la politique de promotion du tourisme», explique-t-on dans le milieu associatif dédié à la sauvegarde du patrimoine. Autrement dit, bien exploité, le patrimoine historique pourra aider à booster le secteur du tourisme et, inversement, l'industrie touristique permettra de sauver lepatrimoine historique.Mais pour l'heure, l'idée ne semble pas avoir encore trouvé son chemin dans les stratégies de développement locales même si elle se retrouve dans les grandes lignes du Schéma directeur d'aménagement touristique (Sdat 2025) : «(...) Instrument qui traduit la volonté de l'Etat de valoriser le potentiel naturel, culturel et historique du pays et de le mettre au service de la mise en tourisme de l'Algérie (...) Le Sdat constitue un moteur de développement, de valorisation du patrimoine culturel et historique national (...). L'Algérie dispose d'un patrimoine archéologique et historique qui doit faire l'objet d'une mise en valeur et d'une mise en lumière de qualité (...)», peut-on, en effet, notamment, lire dans le document élaboré en 2008.À Oran, des opérations de réhabilitation des immeubles datant de l'époquecoloniale ont, certes, déjà été lancées, la façade du siège de la mairie fait l'objet de restauration et plusieurs autres biens culturels et historiques ont connu les mêmes opérations de restauration. Mais, cela reste dans une pure notion de préservation du patrimoine et ne semble pas participer d'une stratégie de mise en valeur pour donner une nouvelle dynamique à un tourisme qui reste éminemment balnéaire pour une wilaya que beaucoup de spécialistes et de connaisseurs regardent comme un musée à ciel ouvert. «Bel-Horizon a formé des guides patrimoniaux, Santé Sidi-Houari, des restaurateurs et il semble bien qu'il existe une demande de tourisme culturel, pourquoi ne pas enclenché une réflexion pour exploiter le filon '», se demande un citoyen oranais en donnant en exemple les visites guidées conduites, il y a quelques années, au profit de centaines de pieds-noirs venus en pèlerinage sur leur terre natale.Il est vrai que si les efforts -petits mais qui ont le mérite d'exister- fournis pour la restauration des immeubles coloniaux et de certains biens patrimoniaux ne sont pas rapidement «rentabilisés» économiquement, il est à craindre que ces efforts-là ne soient perdus et que les structures ainsi réhabilitées ne retombent en ruines et dans l'oubli dont souffrent des milliers d'autres vestiges historiques.S. O. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com