Oran - Revue de Presse

Après la débâcle de l'équipe nationale: Grosse déception de la rue oranaise



Certes ce n'était pas l'enthousiasme de l'époque de la qualification à la Coupe du monde, mais dès le milieu de l'après-midi de ce samedi, des jeunes ont tenté d'insuffler un peu d'entrain aux artères de la ville pour leur rappeler l'enjeu de la partie programmée le soir. Arborant l'emblème national, ils ont sillonné notamment les rues d'Arzew et Mohamed Khémisti. D'autres se sont résolus à vêtir leur véhicule du drapeau national. L'effet de contagion ne s'est fait pas attendre. Vers la fin de l'après-midi, des petits groupes se sont constitués ça et là. Grâce aux CD produits avant et après l'épopée d'Oum Dorman, un air d'avant fête s'est installé dans la ville. Comme pour haranguer les foules, certains fans de l'équipe nationale ont parcouru une partie de la ville en klaxonnant. Mais le summum de l'animation a eu lieu, sans conteste, au passage Saint Germain. Des jeunes ont loué les services d'un DJ et se sont adonnés à la danse et au chant, quelques heures avec le coup d'envoi du match qui devait avoir lieu de l'autre côté de la frontière, à Marrakech.

A la rue de la Bastille, les commerçants ont ramassé leurs étals avant la tombée de la nuit. Auparavant, certains commerçants ont réalisé un chiffre d'affaires dans la vente des maillots verts. Dans certains quartiers, les enfants ont, dès le matin, sorti leurs tenues achetées l'an dernier.

On ne parlait que de la victoire que Bouguerra et ses camarades avaient promise aux foules des supporters du team national. Tout le monde attendait et croyait à l'exploit. Et tout le monde était prêt à la fête. Histoire de se décharger des angoisses cumulées depuis des semaines, voire des mois. Avant 21h, les rues étaient totalement désertes. Les cafés, haut lieu des joutes des connaisseurs du monde du football, étaient bondés de monde. On consommait et on fumait sans compter. Nombreux sont ceux qui étaient persuadés qu'uniquement quatre vingt- dix minutes les séparer de la grande explosion de joie. Tout le monde caressait l'envie de revivre les soirées de la qualification à la Coupe du monde et de voir les foules, y compris les femmes et les jeunes filles, investir la chaussée. Mais le premier but concédé par l'équipe national, en bon milieu de la première mi-temps, a jeté le doute. Le second, marqué moins de quinze minutes après, a carrément ébranlé le rêve. Déjà, certains téléspectateurs, réalisant le piètre niveau de leur équipe, ont décidé de se soustraire à l'ambiance des cafés devenue trop lourde. D'ailleurs, la circulation des voitures s'est ranimée au boulevard Front de mer notamment. Comme il fallait s'y attendre, dans certains cafés, des jeunes, ne pouvant pas maîtriser leur colère, sont arrivés aux mains avec d'autres.

Ce qui a nécessité l'intervention des services de polices. C'est notamment le cas dans un établissement au quartier Miramar. Après le troisième but, plusieurs groupes habitués à suivre ensemble les sorties de l'équipe nationale, ont décidé de se disperser. Tant la déception était grande. Mais on continuait à suivre les péripéties de cette débâcle par voie de téléphone. Après le match, des groupes se sont constitués partout. On commentait les erreurs tactiques de l'entraîneur, du coup apparu incompétent et ne méritant pas son poste. Abondant dans le sens du dénigrement et de l'exagération, on remet en cause le sentiment nationaliste de certains joueurs. Certains étaient tentés par faire exploser leur colère sur la place publique. Heureusement, qu'il n'y a pas eu d'étincelle. Mais cette défaite a été du goût de certains se réclamant de l'opposition. Leur argument: pourquoi voulez-vous que ça marche uniquement sur le plan du foot alors que tout le reste est en panne. Nous voilà sur un autre terrain…


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