Le procès a fait
revivre à la victime la journée cauchemardesque du 17 août 2008. L'agression
dont ce père de famille, la cinquantaine, fut la cible, à côté de chez lui, l'a
visiblement traumatisé à vie. Au comble de l'émotion, lançant de temps en temps
un regard furtif et pétillant de rancune vers ses deux « bourreaux » assis sur
le banc des accusés, H.A. demande avec déférence au juge de lui permettre de
scénariser l'agression, acte par acte. Le président d'audience donne libre
cours à la victime de narrer sa mésaventure sans insérer des commentaires ou
des conclusions. « J'ai été malmené, violenté, par ces deux là. Ils m'ont
aspergé d'un gaz lacrymogène à effet paralysant. Ensuite, ils se sont pris à ma
femme... J'ai perdu conscience... Ça s'est passé en un clin d'oeil »,
raconte-t-il, la voix tremblante. Ce jour-là, comme d'habitude, la victime,
propriétaire de plusieurs magasins à Oran-ville, rentrait en fin de journée
chez lui à Sidi Chahmi en compagnie de sa femme, à bord de sa Kangoo. A peine
est-t-il descendu pour aller ouvrir le portail du garage, qu'une Clio noire
arrive à toute allure et s'arrête juste à côté de lui. Trois hommes, à visage
découvert, sautent comme des « ninjas ». L'un d'eux, que la victime pointe du
doigt à l'audience, pulvérise une bouteille de lacrymogène à effet paralysant
sur le visage de H.A, pendant qu'un autre se charge de neutraliser son épouse,
qui criait à l'aide. Séquestrée dans la voiture, celle-ci ne peut rien pour son
mari, que l'un des malfaiteurs menace de lui trancher la tête à l'aide d'une
hache. Soudain, miracle, des cris de voisins se font entendre. Pris de panique,
les malfrats ne peuvent achever leur plan - selon la victime, « ils voulaient
nous traîner dans le garage, baisser le rideau et cambrioler la villa tout
entière » -. Ne voulant pas sortir bredouilles, ils prennent néanmoins la
Kangoo de la victime, qui sera retrouvée le lendemain abandonnée à Sidi
El-Houari, dépouillée de ses accessoires. Les deux mis en cause, eux, nient
tout. Selon eux, ils sont accusés à tort. Les absents ayant toujours tort,
c'est à leur troisième coaccusé, en fuite, que les deux inculpés font porter le
chapeau. A l'issue d'un réquisitoire acerbe, le représentant du droit public
requiert 12 ans de réclusion criminelle contre les deux accusés jugés
contradictoirement. Le troisième, en cavale, fait l'objet d'une procédure de
contumace.
Après près d'une
heure, les juges reviennent de la salle des délibérations. Verdict : les deux
accusés sont déclarés coupables d'association de malfaiteurs, vol qualifié,
tentative de meurtre et condamnés à 10 ans de prison ferme. Le troisième accusé
est condamné à 20 ans de détention.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Houari Saaïdia
Source : www.lequotidien-oran.com