Le taux des travailleurs syndiqués dans le secteur privé ne dépasse pas
les 5 % », selon de récentes estimations de la centrale syndicale UGTA. Pis
encore, ce pourcentage tombe jusqu'au ras des pâquerettes si l'on prend en
considération l'avis de syndicalistes de terrain, toutes sensibilités
confondues, qui fixent ce taux à 1 % uniquement, sinon rien du tout,
c'est-à-dire « qu'il n'existe aucun syndicat en activité au sein des sociétés
privées !».
A l'unanimité, les responsables de l'union de wilaya UGTA de Constantine
et ceux d'autres syndicats autonomes nous ont affirmé que « le secteur privé
est fermé, voire totalement imperméable à tout exercice, ou autre militantisme,
syndical ». Pourtant, la loi est claire là-dessus, obligeant l'installation
d'une section syndicale sur les lieux de travail, où l'effectif dépasse 20
salariés. Pourquoi alors cette réticence ? « Presque tout ce qui est édicté par
la réglementation en matière de relations sociales est foulé aux pieds par les
patrons dans leur grande majorité », dénonce un cadre syndicaliste, non sans
reconnaître que le militantisme syndical, d'une façon générale, se meurt
lentement, et ce même au sein du secteur public, en raison d'un environnement
socio-économique en pleine mutation, happé qu'il est par le phénomène de la
mondialisation. Comment peut-il en être autrement lorsqu'on sait que chez nous
les lois sociales demeurent en application depuis 19 ans, sans suivre (au
moins) les changements intervenus sur la scène nationale ? L'urgence de la
promulgation, donc, du nouveau code du travail, dont la mise en application est
annoncée par le département de Tayeb Louh pour le deuxième semestre de l'année
2009, est plus que primordiale. Et encore faudrait-il savoir quelle serait sa
teneur. Car, selon plusieurs responsables syndicalistes, le projet du nouveau
code du travail « est entouré d'un épais voile qui n'a pour l'instant rien
laissé filtrer ». Ajoutant dans ce sillage, « on espère seulement que les lois
sociales soient adaptées à l'ouverture économique, et qu'elles offriront une
meilleure protection aux travailleurs ». Surtout en matière de gestion des
contrats, « affectés depuis la libéralisation de l'économie par la précarité
des postes de travail, avec des durées déterminées, se limitant parfois à un
mois, voire quinze jours dans certains cas aberrants », précise-t-on encore.
«C'est justement cette limitation de la durée des contrats qui a tué le
militantisme syndical», estiment nos interlocuteurs, qui affirment que «tout
syndicaliste, vu comme un fauteur de trouble, est inévitablement mis sur le
carreau dès l'arrivée à terme de son contrat, dans les meilleurs des cas».
Quant aux syndicats autonomes, aucune percée dans le secteur privé n'est pour
l'instant sur les agendas. Confrontés aux problèmes d'existence dans leur
périmètre de militantisme, au sein des administrations publiques, à
l'enseignement, et dans le secteur de la Santé, «les syndicats autonomes n'ont
pas la vocation d'infiltrer dans l'immédiat le monde du travail dans le secteur
privé», nous ont avoué les concernés. Cependant, l'ambition est présente, car
les avancées dans les secteurs privés de l'Education, ou de la santé,
«nécessitent une profonde révision des stratégies sur ce plan»,
préconisent-ils.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Z
Source : www.lequotidien-oran.com