Le conflit syndico-syndical qui plane sur l'APC de Constantine jette
toujours son ombre sur les oeuvres sociales, dont le compte bancaire est bloqué
depuis le mois d'octobre dernier, au grand dam des travailleurs. Le blocage est
provoqué par les luttes de leadership entre l'UGTA et le SNAPAP, qui, l'un et
l'autre, veulent imposer les règles du jeu. Et dans le tourbillon de cette
bataille, c'est le maire qui se retrouve pris au centre des tirs des
antagonistes, car il se doit de trancher dans le bon sens au-delà de toutes les
sensibilités.
«J'ai pris la responsabilité de geler le compte bancaire des oeuvres
sociales après avoir constaté que les tensions autour de ce dossier menaçaient
de perturber tout le fonctionnement du service», nous a confié hier le maire de
Constantine, M. Chibane. Celui-ci ne manquera pas de souligner «qu'il avait
procédé à l'installation d'un comité de gestion des oeuvres sociales, neutre de
toute tendance syndicale, avec proposition aux deux syndicats belligérants de
constituer entre eux une commission qui se chargera de définir et présenter le
programme d'activité, mais la démarche a été rejetée par les syndicalistes de
l'UGTA, qui refusent de céder la moindre parcelle du terrain ».
Ces derniers font dans ce sens prévaloir l'argument « de l'adhésion
majoritaire des travailleurs dans leurs rangs, chose qui leur accorderait le
droit de disposer de la gestion des oeuvres sociales sans rival ». Pour
éclaircir la situation, M. Chibane exigera le registre d'adhésion pour chaque
syndicat, accompagné de preuves tangibles (signature du travailleur, carte
d'adhésion...), afin de couper court aux accusations de «non représentativité »
que se lancent mutuellement les deux parties.
«Le SNAPAP a déposé la liste des travailleurs qui lui sont affiliés, dont
le nombre avoisine les 800 employés, alors que l'UGTA n'a rien remis à ce jour,
clamant tout simplement qu'elle a sous son aile 2.000 travailleurs», nous
révélera le P/APC. Non sans faire à ce propos cette remarque pertinente : «de
deux choses l'une, ou certains travailleurs courent sous deux couleurs, ou l'un
des deux syndicats verse dans de fausses déclarations, car l'effectif global
des travailleurs ne dépasse pas les 2.300 employés !».
Toujours est-il, les deux responsables des syndicats en conflit
questionnés «campent sur leurs positions, et maintiennent leurs chiffres sur
les adhésions des travailleurs dans leurs rangs». En attendant le règlement de
cette querelle «d'arithmétique très mal aligné», ce sont les travailleurs qui
subissent ses retombées néfastes.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Zerzouri
Source : www.lequotidien-oran.com