Les séquelles d'une tragédie nationale où le peuple a eu à vivre aux côtés de la criminalité et de la violence sont pour beaucoup dans une situation qu'il est temps de prendre en compte.
Le récent crime gratuit qui a coûté la vie à un enfant dans la ville de Aïn Bessem repose dans sa totalité le phénomène de la violence. Les faits remontent à la fin de la semaine dernière lorsque et suite à une bagarre entre des enfants de 10 et 11 ans, l'un des belligérants a poignardé son copain en plein coeur. Cette rixe qui ne devait être qu'une chamaillade entre deux enfants a semé la panique parmi les populations. La gravité, c'est aussi l'âge des délinquants de plus en plus jeunes. C'est cette tendance qui responsabilise les parents.
Les études qui faisaient état d'une tendance agressive chez les enfants vivant dans des familles perturbées par la séparation, la difficulté sociale est remise en cause puisque désormais, l'agressivité est partout même chez des enfants issus de familles aisées et bien structurées. La violence a pris des proportions alarmantes.
Les raisons sont multiples. Sur les écrans de télévision, sur les sites des réseaux sociaux, dans la rue... l'Algérien est confronté à la violence. Le crime gratuit dont ont été victimes deux enfants de Constantine est là pour étayer cette thèse.
Les séquelles d'une tragédie nationale où le peuple a eu à vivre aux côtés de la criminalité et de la violence sont pour beaucoup dans une situation qu'il est temps de prendre en compte. La gravité est telle que la violence a accédé dans les établissements scolaires.
Les bagarres commencent dans la cour d'école pour se transformer en guerre de clans devant les établissements sous le regard passif des adultes. Comment accepter de voir des enfants armés d'objets contondants, les voir exhiber ces armes blanches et faire semblant de ne rien voir' Par le passé, la rue, les voisins, les maîtres d'école, les parents, éduquaient les enfants. Aujourd'hui, c'est la politique de l'autruche: pourvu que ça ne me touche pas. Les parents aussi sont démissionnaires. Pour le vérifier, il suffit de sortir à 21h pour voir des enfants en bas âge écumer les rues, roder aux côtés d'adultes et s'initier à la violence. A qui incombe la responsabilité est la question qui s'impose d'elle-même «Elle est partagée: les parents, les associations, l'école, les medias... ont tous une responsabilité» nous confie un citoyen. «Pour éradiquer le fléau, il faut revenir aux valeurs.
La sanction aussi peut freiner l'évolution. Arrêtons de mettre des gens dans des centres de vacances (prisons) où ils ont tout. Envoyez-les enlever l'alpha comme jadis», nous dira notre interlocuteur. Ce crime perpétré en plein jour et sur un espace fréquenté remet en cause les chiffres annuels de ces associations qui se bousculent aux portes des institutions pour bénéficier des budgets, mais qui sont totalement absentes sur le terrain. La politique nationale en matière de sport aussi a sensiblement avantagé l'émergence de plus en plus de dérapages.
La bonne prise en charge des associations sportives peut au moins atténuer le nombre de jeunes exposés au risque de basculer dans la délinquance. Le tout doit, bien sûr, se faire sous la loupe et par des spécialistes.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdenour MERZOUK
Source : www.lexpressiondz.com