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Les partis s'éclipsent ALORS QUE LA RUE GRONDE



Les partis s'éclipsent ALORS QUE LA RUE GRONDE
Cette démission que certains n'hésitent pas à qualifier d'«omerta» suscite à l'heure actuelle bien des interrogations.
A Constantine, on a enlevé et assassiné deux enfants. A Ouargla, des centaines de jeunes chômeurs et diplômés se révoltent contre le mépris dont ils sont l'objet sans que les autorités daignent bouger le petit doigt. A Sonatrach, on a dilapidé, détourné des millions de dollars pour ne pas dire des milliards, partis renflouer les comptes de Chakib Khelil.
Tant d'événements qui minent l'actualité nationale. Mais où est donc passée notre classe politique' Son silence lancinant n'a que trop duré. Qu'est-ce qui le rend aphone, muette' Cette démission, que certains n'hésitent pas à qualifier d'«omerta», suscite, à l'heure actuelle, bien des interrogations. Les observateurs de la scène nationale jugent dramatique le silence des partis. Pendant que le peuple crie sa colère comme à Constantine ou à Ouargla, les consciences nationales sont muselées. Les partis se taisent et les associations ne font pas mieux. Censés être sur le devant de la scène, les partis politiques se font de plus en plus rares. La manifestation du Sud ou l'assassinat des deux enfants à Constantine n'ont pas trop accroché l'attention des partis. Les plus actifs se sont contentés de pondre juste des communiqués.
Alors qu'ils sont nombreux lors des campagnes électorales, les partis se comptent actuellement sur les doigts d'une main. Le pire est le fait que les plus grands courants politiques observent le silence. Rongés par les crises internes et la guerre de succession, le FLN et le RND restent sans voix.
Connus pour leurs réactions de soutien, le FLN et le RND ont perdu le réflexe pavlovien. Même lors du discours du président de la République dans lequel il a déclaré qu'il ne peut pas passer sous silence les affaires de corruption, les deux formations de la coalition n'ont pas lâché un mot. Idem pour le FNA. Le parti de Moussa Touati a complètement disparu de la circulation. Les autres tentent de casser la routine en convoquant des meetings ou des réunions ordinaires de bureau politique. C'est le cas du Parti des travailleurs. Louisa Hanoune semble avoir perdu la voix. La secrétaire générale du PT n'est plus active comme auparavant. Ses sorties médiatiques sont limitées ces derniers temps. Ce week-end, les partis n'ont pas été nombreux à se manifester. Le parti du RCD était parmi les premiers à déplorer l'assassinat des deux enfants enlevés à Constantine en qualifiant cet acte «d'extrême cruauté».
Le RCD invite les citoyens à prendre les initiatives, en mettant en place des formes d'organisation de proximité solidaires «en attendant que ce phénomène soit identifié, analysé et traité par des moyens et des méthodes appropriés». Le MSP s'est également manifesté.
Le président du MSP a dénoncé, à cette occasion, le crime horrible perpétré la semaine dernière à Constantine, où deux enfants, Ibrahim et Haroun, ont été assassinés, considérant qu'«à un certain niveau, la criminalité ne peut être punie que par la mort, quand il s'agit d'enlèvement d'enfants, de viol, d'introduction de tonnes de drogue et d'atteinte aux ressources et aux richesses nationales qui sont la propriété du peuple». Il a également appelé à ce que cessent la corruption, la hogra et les dérives morales, car, a-t-il estimé, «l'Algérie n'est pas en mesure de supporter cela».
Le même jour, le secrétaire général du Mouvement Ennahda, Fateh Rebiaï, a appelé, à partir d'Alger, à trouver des «solutions radicales» aux revendications des jeunes des régions du sud du pays à travers un système économique à même de développer la région et d'assurer des emplois permanents. «Les revendications légitimes des jeunes du Sud, qui sont les mêmes dans les autres régions du pays, nécessitent des solutions radicales qui passent par un système économique à même de développer le Sud, d'absorber le chômage et d'assurer des emplois permanents», a souligné M. Rebiaï à l'ouverture des travaux d'une réunion de la commission nationale de préparation du 5e congrès du parti.
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