
A. LemiliAu cours de la journée de lundi dernier, cela faisait deux jours d'absence d'énergie électrique pour les commerçants constantinois de la très marchande rue du 19-Juin-1965 (rue de France). La raison ' La reprise de l'ensemble des câbles du réseau concerné «...pour, nous sera-t-il dit par l'entreprise privée chargée de l'opération, donner l'aspect d'une rue normale dans une ville moderne où il n'y aura plus de toiles d'araignées une fois qu'on lève les yeux au ciel». Juste, sans doute, sauf que tous ces travaux de réhabilitation de la ville, qui, est-il besoin de le rappeler, accueillera un évènement important en 2015, ont été entamé avec un retard phénoménal d'où leur conduite dans l'anarchie la plus loufoque. Bien que prévue, et d'ailleurs annoncé au début de l'année 2013, comme ville accueillant l'année de la culture arabe 2015, celle de Constantine n'a vu les travaux entamés en ce sens, du moins pour la réhabilitation du centre urbain et des principales artères dans lesquelles auront certainement à défiler ses invités, qu'au début du printemps 2014. C'est dire par voie de conséquence le capharnaüm né, depuis, avec des rues principales éventrées, d'autres fermées à la circulation, des déviations, des démolitions de bâtiments, des échafaudages, des clôtures qui envoient les piétons directement sur la chaussée.C'est là le reproche essentiel fait par les commerçants que nous avons approchés en début de matinée et en fin d'après-midi de lundi. Des activités privées de l'essentiel à savoir le courant électrique, ce qui n'est pas peu pour des restaurateurs, des bijoutiers, une agence Cnep, une autre et qui plus est unique à Constantine celle de la Cnan, des cabinets médicaux toutes natures confondues.Le directeur d'agence a d'ailleurs élu pour bureau la rue, en se positionnant devant l'entrée pour expliquer aux clients qu'ils ne pourront effectuer aucune opération dans la journée et qu'il ne peut pas non plus les assurer de le faire le lendemain. Quant à ce qui pénalise l'agence, il nous dira : «Tout le travail de la journée d'hier s'est volatilisé parce que le courant a été suspendu alors que j'arrêtais les activités de la journée. Du coup, je crains qu'il n'y ait pas eu de sauvegarde de l'ensemble des opérations effectuées. Cela étant, je pense également qu'il faudrait que je reconfigure l'ensemble du système informatique, ce qui n'est pas rien du tout. Ce qui pose encore problème est le fait que les services de la Sonelgaz ne nous informent pas de ces coupures».S'agissant de la suspension d'énergie électrique, nous avons enregistré les mêmes réactions chez tous les prestataires de services avec lesquels nous avons pris contact. Toutefois, leurs arguments ne sont pas justifiés dans la mesure où, à partir de 7h30 du matin, la radio locale annonçait les coupures au niveau des quartiers et artères concernés tout en placardant des affiches à l'entrée des lieux évoqués. En fait, les torts semblent partagés entre prestataires et services de la SDE, pour la simple raison que les abonnés ont jusque-là été rarement informés de ces coupures. La pratique de l'affiche qui était des plus courantes au lendemain de l'indépendance a, depuis, disparu pour ne réapparaitre que ces derniers mois. Sans doute en raison de la nécessité de procéder à des coupures quasi quotidiennes à travers l'ensemble du territoire de la wilaya.Quoiqu'il en soit, bijoutiers et orfèvres ont été obligés de travailler à la «clarté» des bougies. «En fait, nous n'avons plus besoin d'avoir d'état d'âme à ce sujet, nous sommes tellement désabusés», nous diront deux d'entre eux auxquels nous demandions également si cela ne posait pas de problème en ce qui concerne le système de protection, alarme notamment en cas d'agression et qui nous répondront que «non, le système d'alarme est indépendant... heureusement, sinon ce serait faire l'aubaine de tout individu mal intentionné».À contrario, dans les restaurants et autres fast-food, les propriétaires étaient dans tous leurs états en montrant du doigt celui (état) du comptoir-présentoir où viandes, poulets, merguez et autres pâtés commençaient à prendre des couleurs douteuses et l'un d'eux, qui emploie près d'une demi-douzaine de personnes, a même choisi de les répartir sur son personnel, «perdu pour perdu autant en faire profiter les autres».Contacté à ce propos, la Société de distribution d'électricité, par le biais de Mme Meziani, chargé de communication nous fera savoir qu'«effectivement, la nécessité dictée par les chantiers ouverts à travers la ville nous impose ces suspensions répétées malgré le fait qu'elles sont faites méthodiquement et dans un cadre organisé qui consiste à ne pas pénaliser durant toute une journée les abonnés. Elles doivent être alternées sur une plage horaire qui ne dépasse pas les trois heures afin de ne pas les (abonnés) pénaliser. Nous saisissons dans toute sa gravité la gène causée, mais nous ne pouvons pas faire autrement compte tenu du défi que ce sont lancés les pouvoirs publics pour être au diapason de l'évènement de l'année prochaine».Si la réponse ne souffre d'aucune contestation quant à la nécessité de la suspension d'énergie, il n'en est pas de même pour la plage horaire qui, plus que trois heures seulement, dure toute la journée et nous avons eu à en faire le constat sur la même période.A. L.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : La Tribune
Source : www.latribune-online.com