Constantine - A la une

Drogue et violence



Drogue et violence
À Constantine, une énième fédération coordinatrice des associations locales a organisé au cours de la journée de lundi dernier au sein de la Maison des jeunes A. Saadi de la populeuse cité Filali une rencontre ayant pour thème «Stupéfiants, leur impact direct sur l'émergence de la violence, rôle et mission de la société civile».Animait la rencontre, un élu de l'Assemblée populaire communale (APC) de Constantine, en l'occurrence H. Lafouala, autour d'invités représentant respectivement le président de l'Assemblée populaire de wilaya (APW), la direction de sûreté de wilaya, un universitaire, un ancien directeur de la culture et membre du mouvement sportif local face à une très importante présence du public, duquel allait d'ailleurs venir l'essentiel du débat compte tenu de la richesse des interventions de citoyens lambda, mais également d'universitaires anonymes et autres personnes du microcosme politique lesquels, sans ambages, ont rejeté les grotesques explications des orateurs officiels.C'est donc de la salle qu'émergeront les questions et réponses les plus rationnelles au fléau, les personnes présentes à la tribune notamment les représentants de la sûreté de wilaya, condamnant sans autre forme de procès dealers, consommateurs et parents des uns et des autres pour mettre en évidence les statistiques compilées des activités judiciaires au cours du premier semestre 2014.Prenant la parole, une sociologue dénoncera d'abord la ponctualité dans le traitement d'un phénomène de société qui gagnerait à demeurer constamment débattu et combattu à longueur d'année soulignant «qu'une fois sortis de cette salle, nous allons tous nous affairer autour de nos préoccupations jusqu'à la prochaine rencontre si tant est qu'il y en aurait une. Messieurs les représentants de la police culpabilisent les parents qui ne s'inquiètent pas de leurs enfants qui rentrent tard dans la nuit sans s'interroger sur leurs veillées tardives. Faudrait-il encore que dans les cages à poules dans lesquelles vivent ces familles puissent être donnés à leurs enfants, ces jeunes, des moyens de s'occuper, voire de disposer d'une chambre qui leur permettrait de vivre une légitime intimité».En effet, la prévention sur laquelle ont insisté les représentants des pouvoirs publics ne peut passer que par l'existence d'un cadre de vie normal. Or, nul n'est censé ignorer que la majorité des Algériens vivent dans des conditions quasi dramatiques dès qu'il s'agit de celles (conditions) de logement d'abord et pour les jeunes, ensuite, des moyens de distraction parmi les plus ordinaires, pour ne pas dire basiques.L'intervention d'une représentante du mouvement féminin officiel (Unfa) n'épargnera pas non plus les représentants de la sûreté de wilaya dont elle dénonce, non sans retenue, même si elle leur accorde et concède quelques circonstances atténuantes, le laxisme et le recours précipité à la répression d'un phénomène dont il faut chercher les causes en profondeur.Mais l'intervention la plus remarquée sera celle d'une mère au foyer dont l'époux se trouverait en détention pour consommation de drogue, mais également et surtout de la dérive d'un de ses enfants, prisonnier de la même addiction. Sanglotant et de désespoir ne pouvant plus tenir sur ses jambes, elle sera aidée par d'autres personnes et n'aura cesse de dire : «S'il vous plait, aidez moi... s'il vous plait sauvez ma famille... aidez mon enfant.» Un silence pesant, que seuls les pleurs saccadés de nombreuses autres femmes parmi l'assistance troueront, plombera la salle. Mohamed Zemmouli, officier représentant la sûreté de wilaya s'est engagé, si telle était la volonté des personnes évoquées par la citoyenne éplorée, à assurer leur prise en charge pour une cure de désintoxication dans un centre spécialisé «dans la wilaya de Blida», a-t-il même précisé.Concluons enfin sur la multiplication, à hauteur du chef-lieu de wilaya, des associations de lutte contre la drogue. Néanmoins, leur efficacité reste des plus improbables et pour cause justement la ponctualité d'actions qui ne demeurent liées qu'à des évènements conjoncturels. Enfin, s'il était question de débattre surtout de la violence comme corolaire de la consommation de drogue, ce volet se retrouvera involontairement éludé et pour cause la nature même des interventions ci-dessus évoquées.


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