La parole aux experts
Le procès des 38 accusés dans l’affaire du séisme de Boumerdès se poursuit ce matin...
 La salle de conférences de l’université M’hamed Bougara, transformée pour la circonstance en tribunal, avait, d’ailleurs, une drôle d’allure ce jeudi avec le concert annoncé en fanfare de l’idole des jeunes, le rappeur Lotfi Double Kanon. Un véritable événement. Quant au procès qui se tient actuellement à Boumerdès, il n’aura pas attiré grand monde. Après l’audition des cinq accusés de l’OPGI de Boumerdès, le procès examine actuellement l’avis des experts qui se succèdent à la barre pour présenter leur rapport sur les causes d’effondrement des logements, notamment ceux de l’OPGI de Zemmouri. Si personne n’écarte pour l’heure la main maléfique de l’homme dans l’ampleur du désastre, les experts concluent, eux, que l’amplitude du séisme a largement dépassé les prévisions envisagées dans la zone sismique concernée. Cette remarque des experts a quelque peu relégué les accusations liées à la mauvaise qualité des matériaux de construction et à la non prise en charge des réserves techniques émises par le Contrôle technique de construction (CTC). De même que les anomalies relevées notamment dans la qualité des matériaux de construction, dans les plans de construction ou encore dans la spécificité des sols passeront également au second plan. L’argument des experts fait surtout valoir que les réalisations concernées n’avaient pas pris en considération la forte sismicité de la région de Boumerdès. «La faille de Zemmouri était, jusque-là, inconnue. C’est le 21 mai 2003 qu’elle s’est révélée au grand jour», dira l’un d’entre eux. Ainsi, la région de Boumerdès était alors officiellement classée en zone 2 (zone à sismicité modérée) alors qu’elle est, aujourd’hui, identifiée pour être une zone à haute sismicité (zone 3 sur 4). Exit, donc, les problèmes de superstructure, de mauvaise qualité du béton, de ferraillage approximatif, les experts pointent encore une fois du doigt une personne abstraite qui, décidément, a bon dos, à savoir, l’Etat algérien. Mais le cas qui a attiré le plus l’attention, est celui ayant trait à l’effondrement d’un immeuble à Dellys, le 21 mai 2003, alors qu’un mariage s’y tenait. Bilan 84 morts, les mariés compris. Etaient présents les accusés, mais aussi quelques rescapés, certainement animés par un sentiment que justice doit être faite. Le questionnement du tribunal et de l’assistance, avec, tournait sur comment se fait-il que cet immeuble se soit effondré comme un château de sable alors que d’autres constructions, datant de l’ère coloniale, de surcroît, n’ont pas sourcillé? La première réponse est que cette construction était érigée sur du remblai. La commission ministérielle et par l’expert désigné par le tribunal l’affirment. Travaux non-conformes aux règles de construction, inadaptation du sol, en plus du fait que la construction a été érigée sur du remblai. Edifiant ! Les défauts sont apparus avant le séisme, mais les interventions opérées, notamment en opérant un voile de béton pour conforter la structure, se sont avérées nulles. Pis, elles ont été un facteur aggravant dans l’affaissement brutal de l’immeuble lors du séisme. Pour l’expert, le voile a été mal étudié au lieu d’un voile de béton en «U» il aurait été plus judicieux d’opérer une voile carré. Interrogé par le président, l’entrepreneur, a affirmé, pour se défendre, qu’il a suivi toutes les normes édictées par le bureau d’études et les divers organismes de contrôle.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com