Alternance démocratique ou «fitna» au MSP ?
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Interrogé sur la fameuse «circulaire de la fitna» au sein du MSP, M. Djemaâ, chargé de l’information, tente d’infirmer d’abord «la fitna imaginée par la presse», suite à la violente riposte du député de Boumerdès en réplique à l’idée exprimée par Abou Djerra Soltani de limiter la députation à deux mandats.
M. Djemaâ qui a ainsi tenu à infirmer la présence de circulaire dans ce sens, a dit que «le vœu de M. Soltani n’a pas dépassé encore le cadre de l’idée», précisant que «la réflexion qui mérite débat explique les mérites de l’alternance au pouvoir, y compris au sein du mouvement pour la société de la paix». Une manière de casser les monopoles et voir émerger de nouveaux jeunes cadres. Pour ce faire, selon M. Djamaâ, «les doublants et triplants doivent laisser place aux jeunes cadres du mouvement et leur donner la chance d’émerger». Plus rassurant quant à l’éventualité de constituer un bouclier autour de la proposition du cheikh, notre interlocuteur garantit qu’»il n’y a pas lieu de parler de polémique, ni de fronde, ni de fitna au MSP». Et d’ajouter que «tout ce qu’il y a est un échange d’idées argumentées ; sans plus!» Aux yeux de ce proche collaborateur de Soltani, cela augure une bonne santé de la mouvance qui ne croit pas aux tabous politiques.
Et d’insister sur le fait que la réponse du député de Boumerdès a été mal répercutée par la presse qui, de son avis, «amplifie les choses». Toutefois, il explique que l’idée de laisser le libre choix aux bureaux de wilayas de statuer sur des cas précis «n’est pas aussi mal qu’elle puisse paraître». Rappelons que le député Salem Chérif a rétorqué à son président : «seuls les bureaux de wilayas sont très au fait des chances des uns et des autres au niveau local et connaissent mieux la place, le poids et la compétence de chacun dans une compétition électorale impitoyable», tout en assurant qu’il ne briguera pas un 3e mandat. Pour rappel, 25 députés parmi les 39 qui siègent actuellement à l’APN sont concernés par la mesure de Soltani au cas où le bureau politique avalise l’idée de limiter la députation à deux mandats. Chose impossible puisque la direction dans sa majorité n’est pas acquise au président du parti. M. Soltani avait émis le vœu de voir instaurer une tradition démocratique au sein de son mouvement permettant l’alternance au pouvoir. «Une vraie alternance et non un pouvoir tournant entre les mêmes personnes», selon lui. Une réflexion qu’il ne cesse de vulgariser lors de tous ses passages dans des forums, déclarations ou interviews, notamment quand il évoque la révision constitutionnelle. Mais peut-il réaliser le souhait de voir émerger une nouvelle génération de cadres au MSP et faire la rupture avec des comportements qu’il qualifie de «conservateurs»? La désignation du puissant député de Sétif, le Dr Samari et le retour du démissionnaire du bureau politique et député de Laghouat Ahmed Dane à la tête de la commission des transports à l’APN en sont un signe fort sur le bouclier qui se forme autour du «cheikh» qui veut, manifestement, en finir avec les caciques.
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Samy Ben
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com