La population manifeste à Dellys
Un jeune homme a été assassiné par un repris de justice. La population de Dellys est sortie dans la rue pour crier son ras-le-bol de la violence et exiger que justice soit faite. Dellys, une petite ville côtière de l’est de la wilaya de Boumerdès, était en effervescence durant la journée d’hier.
Des citoyens du village d’Afir, où l’homicide a eu lieu, et des environs, s’étaient en effet rassemblés, tôt hier matin, à la sortie-est de la ville pour manifester leur courroux et dénoncer l’atmosphère de violence qui enserre la cité. Tout a commencé avant-hier quand un jeune repris de justice, ayant déjà fait parler de lui en envoyant un autre jeune à l’hôpital, a récidivé en assassinant le jeune Toubal Karim, âgé de 25 ans, à coups de couteau. Les citoyens de la ville de Dellys iront d’ailleurs progressivement grossir les rangs des manifestants qui commençaient à fermer à la circulation la route Dellys/Tigzirt en posant des pneus sur la chaussée. Le maire d’Afir, présent sur les lieux, s’égosillait en essayant de faire entendre raison aux manifestants, ou à tout le moins de les amener à manifester dignement sans faire de casse. Cependant, malgré ces appels au calme, la tension était des plus tendue et l’atmosphère alourdie par la grève générale, apparemment spontanée, respectée par pratiquement toute la ville. La foule s’impatientait et les forces de l’ordre, police et BMPJ, veillaient au grain; il ne fallait surtout pas que la manifestation dégénère. Les jeunes gens surexcités étaient, fort heureusement, encadrés par les adultes qui ne les laissaient pas faire. Une marche a été par la suite décidée sur le tribunal, à travers les rues de la ville déserte, la plupart des commerces et des cafés ayant baissé rideau. A hauteur du commissariat de police, les agents ont essayé de disperser la foule en lançant quelques grenades lacrymogènes. Des jeunes répliqueront à coups de pierres. Fort heureusement, la sagesse a pris le dessus et le calme est rapidement revenu parmi la foule des marcheurs qui a continué à avancer en direction du Palais de justice. Sur place, les gens s’égosillaient: «Pouvoir assassin»; «A bas l’injustice», et exigeaient le départ du procureur de la République du tribunal de Dellys. Pour tous, il aurait libéré l’assassin qui est un récidiviste qui a déjà envoyé un jeune à l’hôpital et qui a été libéré avant même que sa victime ne sorte de l’hôpital. Les manifestants ont également demandé la venue du wali en personne. Ils avaient en effet l’intention de parler au wali pour lui faire part de leur ras-le-bol d’une telle situation et exiger que l’assassin soit sévèrement puni. Hier, vers le milieu de l’après-midi, la foule était encore massée devant le tribunal de Dellys, attendant l’arrivée improbable du wali. Approché, un manifestant dira: «Dellys n’est plus cette petite ville agréable et sûre où il faisait bon vivre; après les années de terrorisme voici le temps des voyous et des assassins!»
M. Chabane
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com