Boumerdes - Revue de Presse

Commentaire



Pourquoi la violence a-t-elle survécu ? La disposition portant sur la durée de validité de la période d’extinction des poursuites judiciaires n’est pas officiellement prolongée et les attentats sont enregistrés quotidiennement, bien que sans comparaison aucune avec ce qui a été vécu durant la décennie 90. Devant ce double constat, la question de savoir si nous sommes encore dans une situation de recherche de la paix ou de rétablissement de l’ordre public s’impose. Il est bien évidemment clair que la réconciliation est un phénomène dont la progression s’inscrit dans la durée et qu’il n’est pas possible de la restreindre dans une durée étroite comme il est également évident que ne peut être éradiquée la violence si les facteurs alimentant cette dernière continuent à être entretenus. Prolonger sans limite la validité de la charte tout en maintenant l’état d’urgence pourrait être analysé sous l’angle d’une contradiction, à savoir continuer à pourchasser tout en exprimant la disponibilité à pardonner. Or, pardonner sans l’extinction de la violence meurtrière est pratiquement impossible car le pardon ne peut se donner qu’à l’issue du retour de la paix. Pourrions-nous continuer à soutenir que les groupes armés persistent à faire la guerre au peuple, qu’il s’agit encore d’une guerre civile, mais alors pour quel enjeu, ou que ces groupes veulent faire accréditer la thèse qu’il s’agit d’un conflit interne armé ? Ce genre de débat n’a pas encore commencé et pourtant la parade à l’endroit de ce type de pratique de la violence dépend de la perception que chacun, en particulier le pouvoir, a de la nature de la violence. Or, alors qu’il est avéré que l’emploi exclusif des moyens de la sécurité répressive, bien que l’Etat se trouve en position de légitime défense car il lui faut bien jouer son rôle de protection des populations et des institutions, connaît ses limites en raison du fait que les groupes armés ne sont pas éradiqués comme d’ailleurs il est prouvé que ces derniers ne peuvent pas se saisir du pouvoir, il est évident que la lutte directe pratiquée par les forces de sécurité devrait s’accompagner de l’emploi des moyens immatériels, à savoir la mise sur pied de politiques de désendoctrinement, de l’endiguement de l’influence de la subversion et de mise des populations à l’abri de la subversion et de l’intimidation. Il faut bien reconnaître qu’en la matière, les pouvoirs publics sont défaillants, depuis même qu’est apparue la violence, et parmi les pouvoirs publics, il faudrait citer ceux dont la mission est de gérer l’état d’urgence, ainsi que ceux dont la mission est d’agir en amont de la violence à savoir les institutions civiles sans omettre les autorités locales, élues et administratives. Certes, nous ne sommes guère dans la situation où la sécurité nationale serait mise en péril et où la vie publique serait désorganisée (sauf pratiquement dans la région de Boumerdès et de Kabylie où l’insécurité ainsi que le sentiment d’être une probable victime créent une paranoïa collective), mais il ne faudrait pas se précipiter à trop forcer sur l’optimisme pour ne pas avoir à le regretter. La question qu’il faudrait se poser est celle de savoir pourquoi et comment la violence a-t-elle pu survivre à la rahma, à la concorde civile, à la réconciliation nationale, à l’emploi des moyens de sécurité ?   Bachir Medjahed
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