La rumeur annonçant la venue du coordinateur principal du panel pour le dialogue et la médiation, Karim Younès, hier à Bouira, a suscité l'ire de la population locale, qui s'est mobilisée en organisant un rassemblement sur l'esplanade de la maison de la culture Ali-Zamoum.En effet, plusieurs dizaines de citoyens, notamment des acteurs du mouvement associatif local, leaders du mouvement estudiantin ou des syndicalistes, ont organisé un sit-in pour "faire barrage" à la venue de Karim Younès, afin de procéder à l'installation du comité de dialogue local, dont les noms des membres n'ont toujours pas été divulgués de manière officielle. Ainsi, c'est en scandant des slogans tels que "Karim Younès à la poubelle", "Bouira ne veut pas de traîtres", ou encore "Pas de dialogue avec la bande" que ces citoyens se sont rassemblés sur l'esplanade de la Maison de la culture de Bouira, rebaptisée de manière officieuse depuis le 22 février "place de la Révolution" pour dénoncer l'action des membres du panel. "Nous sommes ici pour informer Karim Younès qu'il n'est pas le bienvenu à Bouira. Nous avons eu écho de sa venue et nous nous sommes spontanément rassemblés pour lui faire barrage", dira Yahia Semmeche, président du mouvement associatif de la commune d'Ath Laqser.
Pour notre interlocuteur, Karim Younès et les autres membres du panel veulent "diviser" le mouvement populaire. "C'est une stratégie connue du régime et qui a été déjà utilisée durant le Printemps noir en Kabylie lorsque le pouvoir avait inventé de toutes pièces de faux délégués des arrouchs pour étouffer les revendications de l'époque", a-t-il souligné.
Pour Massinissa, étudiant à l'université Akli-Mohand-Oulhadj de Bouira et membre du Collectif des étudiants libres, cette action a été décidée de manière spontanée. "Nous avons lu sur les réseaux sociaux que Karim Younès allait venir installer un soi-disant comité de dialogue à Bouira. Nous lui disons, ainsi qu'à ses acolytes que nous ne voulons pas de lui et qu'il ne représente que sa personne", a-t-il tenu à indiquer. En outre, les manifestants ont salué les démissions de l'ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Kamel Bouchama, et de la journaliste, Hadda Hazem, du panel. "Nous saluons ces démissions et nous appelons les autres membres à faire de même, car ils portent atteinte à notre révolution et ne font pas honneur aux millions d'Algériens qui sortent dans la rue chaque vendredi pour exiger le départ du régime et la libération des détenus d'opinion", notera Aïssous Sofiane, coordinateur du Rassemblement Actions Jeunesse (RAJ) de Haïzer.
Il y a lieu de souligner que certains noms cités pour faire partie dudit comité à l'échelle locale ont démenti l'information. La visite de Karim Younès avait, selon nos informations, bel et bien été programmée pour hier, mais elle a été finalement reportée d'après nos informations.
RAMDANE BOURAHLA
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ramdane BOURAHLA
Source : www.liberte-algerie.com