Le panel pour le dialogue et la médiation, piloté par Karim Younès, ancien ministre et ancien président de l'APN, depuis le 25 juillet dernier, boucle un mois d'existence qui n'a, manifestement, pas été de tout repos pour ses membres. On peut même parler de jours sombres pour Karim Younès qui assiste stupéfait aux départs en cascade de ses compagnons de route.Le dernier en date est celui de Hadda Azem, directrice du quotidien El-Fadjr, qui, semble-t-il, n'a pas été en mesure de résister à la pression et aux critiques dont elle a fait l'objet dès son intégration au panel. "Je quitte le panel pour des raisons personnelles. Ça pesait lourd sur mes filles", a-t-elle répliqué comme pour justifier sa défection. C'est que l'engagement politique est loin d'être une mince affaire et encore moins dans les conditions actuelles du pays.
Karim Younès, lui-même censé être rompu à la chose politique, trouve toutes les difficultés du monde à mener sa mission à tel point qu'on peut aisément s'interroger sur l'avenir du panel qui semble sérieusement compromis. Entre la méfiance de nombreuses personnalités qui ont carrément rejeté la proposition de rejoindre cette instance et celles qui la désertent après une courte participation, tels l'expert en économie Smaïl Lalmas, l'enseignant universitaire Azzedine Benaïssa ou encore Kamel Bouchama, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, la mission commence à montrer ses limites. Certains parlent même de "parcours tumultueux", aussi court fût-il, soutenant que "cet organe dit de médiation et de dialogue dont les meneurs trouvent, justement, du mal à dialoguer se retrouve dans l'impasse".
Le panel essuie même des critiques acerbes et fait l'objet du courroux des citoyens comme cela a été le cas à Laghouat et pas plus tard qu'hier à Bouira. Des hostilités exprimées également par certains partis politiques et par de nombreux citoyens qui n'ont pas manqué de s'exprimer sur les réseaux sociaux. Les étudiants, quant à eux, ont choisi la voie du fait accompli en "forçant le passage" pour arriver jusqu'à Karim Younès et lui dire "leurs quatre vérités".
Reste que la réaction la plus significative est, sans nul doute, celle qui a scellé le devenir du panel, à savoir le refus d'Ali-Yahia Abdenour d'adhérer à la démarche et de déclarer ouvertement que "le panel de dialogue et de médiation mis en place n'est pas sur la bonne voie pour apporter les réponses aux attentes de la population" et qu'"il est nécessaire d'explorer d'autres moyens pour aller réellement dans le sens des revendications reprises par des millions d'Algériennes et d'Algériens chaque vendredi".
Tout comme Ali-Yahia Abdenour, ils sont nombreux à penser que "le panel a dévié de sa trajectoire initiale".
L'instance a, en effet, perdu le peu de crédit que le peuple a bien voulu lui accorder au départ, et ce, au moment même où il a commencé à faire des concessions en abandonnant les préalables en guise de mesures d'apaisement et à s'éloigner ainsi de plus en plus des aspirations du mouvement populaire.
Nabila Saïdoun
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nabila SAIDOUN
Source : www.liberte-algerie.com