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Pour la création d'un syndicat indépendant des artistes algériens



Dans cet appel à mobilisation de professionnels, acteurs, peintres, musiciens, poètes ou encore écrivains, Bahri estime qu'il est urgent, pour le monde de l'art, de se rassembler dans un syndicat et de défendre des objectifs communs que sont la protection des droits de l'artiste, la création d'un comité d'éthique ou encore un fonds de solidarité.L'initiative émane d'un critique et professeur à l'université de Biskra, qui a lancé dernièrement sur les réseaux sociaux l'idée de la création d'un syndicat pour les artistes. Dans cet appel à mobilisation de professionnels, acteurs, peintres, musiciens, poètes ou encore écrivains, le professeur Bahri explique que l'idée de constituer un syndicat ou association le travaille depuis longtemps. Mais c'est surtout la marginalisation et la situation socioprofessionnelle de certains qui l'ont alarmé, allant jusqu'à leur retrait de la scène artistique. Il donnera pour exemple le cas du comédien Omar Taïri, qui annonçait il y a quelques jours seulement avoir pris la décision de quitter le monde du cinéma.
Pour Bahri, il est urgent de se fédérer et de se rassembler autour d'objectifs communs que sont la protection des droits de l'artiste, la création d'un comité d'éthique, un fonds de solidarité et un capital qui couvrirait les déplacements d'artistes ou d'associations artistiques, des partenariats avec des organismes et syndicats culturels étrangers... L'auteur de cette lettre, publiée sur les réseaux sociaux, tient à préciser que l'organisme en devenir doit impérativement rester indépendant. "Les autres pays du Maghreb et du monde arabe sont bien plus avancés que nous. Il n'y a qu'à voir l'Egypte où le syndicat des arts est très influent.
Les droits de l'artiste y sont garantis (...) Chez nous, en contrepartie, il est humilié. C'est uniquement quand il est malade ou sur son lit d'hôpital qu'on se rappelle de lui." Rétrospectivement, plusieurs tentatives pour la création d'un syndicat avaient été entamées à partir de 1998. D'ailleurs, le partenariat avec l'UGTA en 2003, à travers lequel le monde de la culture ambitionnait de créer son premier syndicat des artistes, n'a abouti à rien selon Bahri, "car les artistes subissaient des pressions et certains responsables de l'UGTA voulaient y placer des gens de leur entourage".
Du coup, poursuit-il, les artistes à l'origine de cette initiative ont fini par jeter l'éponge, car leur indépendance n'était plus garantie et leurs conditions professionnelles encore moins. Actuellement, "nous avons l'espoir de voir les choses changer. Avec le Hirak et le sursaut de liberté qu'il a instauré, les artistes peuvent faire bouger les choses et ne plus rester spectateurs de cette situation qui s'enlise". Par ailleurs, et en attendant de voir les choses se concrétiser, l'aspect positif de cette proposition a été d'instaurer un débat, des critiques aussi, au sein du milieu des arts. Bahri a également soutenu que le futur syndicat devra veiller à préserver son indépendance, qui est l'essence même d'une organisation syndicale. Et même s'il est amené à entamer des consultations avec la tutelle, cette dernière devra l'accompagner et le soutenir.

Yasmine Azzouz
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