L'Aïd El Adha a beau accaparer toutes les attentions, à Biskra comme ailleurs en Algérie et dans le monde musulman, la saison de cueillette des dattes, lorsqu'elle revient, crée, elle aussi, une véritable mobilisation dans la région des Ziban.La phoéniciculture étant la principale source de revenus pour beaucoup de Biskris, la cueillette des dattes revêt un cachet social crucial, car intimement liée à la vie économique de la région. Entre enthousiasme et jubilation, la saison de la cueillette des dattes "chamboule" le quotidien des Biskris.
Dès les premières heures du matin, les palmeraies "grouillent" d'hommes s'activant, grimpant aux palmiers pour couper des régimes d'un fruit devenu le label de la région. Le fait de cueillir les dattes récompense des mois de travail et de labeur acharné.
Les femmes biskries sont également de la fête, durant cette saison généreuse et opulente de la datte. Les femmes issues des familles d'agriculteurs continuent, en dépit des techniques modernes, à préparer des sortes de jarres confectionnées à partir de peaux de moutons et de chèvres pour conserver les dattes.
Cet ustensile traditionnel donne, affirme-t-on, un goût "particulier" aux dattes.
La datte, moteur de l'activité économique à Biskra
Véritable marque déposée de la région, source de vie et richesse, la datte crée une vraie dynamique économique dans toute la région des Ziban. De jeunes travailleurs saisonniers "envahissent" la région. Ils sont dans les palmeraies pour la cueillette, ou dans les magasins de stockage et de conditionnement.
La datte, sa cueillette, son conditionnement et son stockage ne semblent avoir aucun secret pour ces jeunes. En parallèle, le commerce de la vente de ce fruit dans toutes ses variétés connaît un grand développement. A Biskra, à l'instar des régions limitrophes, de nouveaux locaux commerciaux sont ouverts et étalent diverses variétés du produit phare de la région. D'autres vendeurs se "pointent" dans les grands axes routiers de la wilaya où ils improvisent des espaces de vente en plein air. Selon le président de l'association locale de producteurs de dattes, Khaled Ladjel, des commerçants de toutes les régions du pays affluent à Biskra en quête de bonnes affaires. Dans les palmeraies, la cueillette de dattes est aussi l'occasion de faire la fête. Les paysans répètent inlassablement, en ch'ur ou en solo, des chansonnettes rythmant le mouvement de leur besogne et égayant l'atmosphère.
Les jeunes à la recherche d'un emploi, des femmes au foyer et parfois même des enfants saisissent l'occasion de la cueillette de dattes pour gagner un peu d'argent et contribuer au budget familial, indique le chercheur universitaire Abdelkrim Tabet. Nonobstant, au milieu de la fête surgissent parfois "les soucis des dattes". Certains évoquent l'instabilité des prix des dattes, beaucoup soulignent "l'opacité" enveloppant la commercialisation du fruit tandis que d'autres s'interrogent même sur la qualité des dattes. Des soucis vite dissipés avec la conclusion des transactions juteuses, souligne ce chercheur.
Des métiers créés autour de la saison de cueillette des dattes
La phoéniciculture, une culture, un art et un aspect de la vie dans la région des Ziban, a permis l'émergence de divers métiers liés à la culture du palmier-dattier et à la saison de la cueillette. M. Tabet évoque à ce propos, le métier de "kharass" qui, grâce à une expérience éprouvée, peut estimer la production que pourra donner telle ou telle palmeraie. Le kharass est sollicité par quiconque désire acquérir une palmeraie. Son constat est une étape clé avant la conclusion d'une transaction. Des métiers liés à la culture du palmier-dattier, M. Tabet évoque aussi les "traqueurs d'étourneaux". Il s'agit de jeunes gens que l'on sollicite, selon ce chercheur, pour garder et protéger les palmeraies avant le lancement de la campagne de cueillette. A travers une succession de coups donnés sur une tôle, produisant des sons assourdissants, les jeunes éloignent les étourneaux et les empêchent de se percher sur les palmiers et de nuire ainsi à la production. L'air de rien, leur métier est primordial dans une région où la phoéniciculture est source de richesse et de vie, mais aussi une occasion de faire la fête. Une fête qui reprendra de plus belle dès la fin des "agapes" de l'Aïd.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lakhdar A
Source : www.lemaghrebdz.com