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Le correspondant local ou le maillon faibleBEJAIA



Le correspondant local ou le maillon faibleBEJAIA
La Journée nationale de la presse a été célébrée avec faste hier à Béjaïa. Les journalistes et correspondants locaux ont été conviés par la wilaya pour une journée à l'hôtel des Hammadites, où un déjeuner a été offert par le village. Des hommages aux confrères disparus en passant par une panoplie de projets de développement de la wilaya, tout a été dit lors de cette journée sauf l'élément central en l'occurrence le journaliste ou le correspondant de presse. Si celui-ci avait répondu présent, ces soucis n'ont été abordés que très peu. Exception faite du représentant de l'association de la corporation, qui a mis le doigt sur le manque de moyens et l'accès aux sources d'information, les autres intervenants ont tout juste rendu hommage à la presse ne s'engageant aucunement sur l'amélioration de ses conditions professionnelles. La radio locale a mis le paquet avec des directs faisant de la célébration, l'événement phare de la journée. Le correspondant de presse, qui de tout temps, a constitué la source qui alimente les pages d'un journal, en contact permanent avec le lecteur du quartier, du village, de la ville, dont il porte les aspirations et avec qui il partage tout, a vu son rôle salué par tous sans pour autant évoquer ses soucis aussi bien sur le plan professionnel que social. Ce correspondant qui est souvent soumis à une forte pression exercée sur lui de toutes parts, reste prisonnier des conditions que lui seul sait supporter et dépasser, quelle que soit la situation.Travailler dans une rédaction régionale, surtout lorsque celle-ci se situe dans une wilaya médiatisée et politisée, comme celle de Béjaïa, c'est faire face à de multiples contraintes, c'est être appelé à des déplacements coûteux, c'est se débattre pour accéder aux sources d'information, c'est surtout faire face à des intimidations, directes ou indirectes.
Le manque de moyens matériels est un véritable obstacle pour les journalistes locaux, souvent appelés à se déplacer sur le terrain pour être près du citoyen. Mais le plus dur, le correspondant local bute sur les sources d'information qui restent cadenassées, inaccessibles. Et lorsqu'il ose, il est vite rappelé à l'ordre par toutes les parties, trouvant un unique réconfort chez sa rédaction nationale. Autant de paramètres qui illustrent une vie quotidienne faite de stress et de pression. Sachant tout le crédit que vouent les habitants de la région de Kabylie aux écrits des correspondants, l'attente est telle qu'il n'a pas le droit à l'erreur.
Les événements du Printemps noir ont été autant de leçons que beaucoup ont saisi pour comprendre les limites d'un métier, à la fois passionnant et risqué. Les correspondants, ces gens-là, qui sont en contact permanent avec les responsables, les politiques et les citoyens, dans une région dont la complexité est présente sur tous les plans, se voit souvent contraint à la réflexion.
Les spécificités de la région viennent aussi compliquer ce métier de journaliste local. Sollicités par le citoyen pour faire passer ses messages, les comités de villages, le mouvement associatif, ainsi que les syndicalistes et les politiques, les correspondants locaux se retrouvent sur tous les fronts, mais reste le maillon faible de la chaîne médiatique.
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