Bejaia - A la une

Arezki Tahar auréole «Béjaïa l'intarissable»



Arezki Tahar auréole «Béjaïa l'intarissable»
C'est une vente-dédicace très particulière, épicée de la même essence que la composition livrée dans l'ouvrage présenté. Arezki Tahar est venu, mercredi dernier, dans la ville qui l'a vu naître et grandir, dévoiler par l'image et de vive voix Béjaïa, Ma ville, ma pupille. «Un beau livre d'art», pour reprendre les critiques murmurées durant la séance de vente.«Dix ans de travail» ne peuvent qu'arracher le satisfecit du lectorat. Autant que le contenu du livre, la soirée dédicace a été goupillée dans les genres assez citadins. Autour d'un thé et de pâtisserie traditionnelle, l'instant est autant culturel que convivial. Le salon de l'hôtel Cristal II a accueilli, ce soir-là, le must des vieilles figures emblématiques du monde des arts, de l'architecture et de la culture en général de la cité trois fois millénaire.Ceux qui ont charpenté en toute modestie l'aura artistique et savante de Béjaïa. L'orchestre féminin du conservatoire Cheikh Sadeq Lebjaoui a tout simplement fait le reste, en reprenant quelques K'nan du répertoire du défunt boulboul. Pour entremets, Kiki, alias Arezki, a servi à l'assistance son livre sur diaporamas. Des notes égrenées sur une mandoline (par l'une des artistes de l'orchestre) ont remarquablement accompagné cet instant de «livre ouvert».Les photographies de Kiki déroulent la vie citadine dans toute l'élégance et le beau que la simplicité, le précaire, l'ancien et le modeste, la réserve et à la fois l'ouverture d'esprit, le repli jaloux sur les traditions, sinon la nostalgie savent installer. Des photographies, dans une géométrie sans calcul (mais non sans un grain métaphorique) si ce n'est celui de l'angle de leur prise, des tons tantôt vifs, tantôt gras, pour prolonger dans les mémoires, les vieux quartiers avec leurs anciennes maisons où il faisait bon vivre en fourmillants voisinages.Des images d'escaliers désemplis, de murs délavés et décrépits, de portes écachées, de patios et de cours qu'embaument des effluves de menthe, de basilic, de jasmin ou de citronnier. Tout le rappel de l'ancien qui vient recoudre nos repères et titiller notre émoi. C'est comme cela qu'une grande part du livre va, dans cet esprit du façonnement de l'Etre et du Paraître des habitants de la ville côtière, à la grande bleue et aux gens de mer, aux ports de pêche et marchand.Pour Arezki, il s'agit de «rapatrier une mémoire d'enfance» qui a donné à l'auteur les fondements de «sa sensibilité». Et afin d'illustrer on ne peut mieux le rapport qu'il a avec sa ville, Tahar reprendra l'insolite épigramme de Mahfoud Derwich : «C'est là que ma tête est tombée». Avec ce livre, de 200 pages de photographies, «Béjaïa est devenue intarissable» pour reprendre l'une des conclusions de la préface de Rachid Boudjedra.Il s'agit sans prétention d'un beau livre d'art qui, avec la complémentarité des courts énoncés accompagnant chacune des images, inspirés du vécu et du sensible, a franchi la borne séparant l'art pictural du texte de littérature. En tout cas, Kiki, par les temps qui courent, marqués par la grande vague migratoire et le déchirant phénomène des harraga, nous a tout simplement ramené du passé des images qui ont réussi le pari de nous rendre à nouveau jalousement amoureux de notre ville.


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