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Souk Laâwawta, le marché de tous les dépassements



Souk Laâwawta, le marché de tous les dépassements
Cet espace qui sert, le jour, pour l'abattage de volaille dans des conditions d'hygiène insupportables, devient, la nuit, un lieu de consommation et de trafic de drogue.Malgré les lois promulguées contre le commerce informel et les différentes descentes sur le terrain, il est, à Batna, des zones qui ne semblent pas avoir été touchées par ces dispositions. C'est le cas de Souk Laâwawta. Situé au c?ur du quartier populaire Bouakkel, ce marché informel est le lieu de toutes les pratiques et de tous les scandales. En effet, c'est d'abord une escroquerie immobilière qui l'a enfanté.Au début des années 1990, un certain «Mohcen», dont le nom est devenu presque mythique parmi les commerçants du marché, a concocté une entourloupe immobilière dont plus de 50 petits commerçants ont été victimes. Le projet : construction d'un centre commercial. Certains, parmi ces derniers ont versé, à l'époque, jusqu'à 500 000 DA. Evidemment, le centre commercial n'a jamais vu le jour et l'escroc a pris la fuite emportant avec lui le pactole.Ce qu'il en reste, des centaines de poteaux, une dalle de 400 m² et un conflit qui s'éternise depuis plus de 20 ans. L'endroit est devenu un marché multifonctions, où se mêlent vente de fruits et légumes et volaille vivante ou dépecée, au choix. Le terrain de 4000 m² sert à présent de grande décharge, où sont jetées les viscères, les plumes et les têtes des volailles égorgées et déplumées sur place, des fruits et légumes arrivés à pourrissement, mais aussi toutes sortes de déchets ménagers et mécaniques ; la nuit tombée, le lieu se transforme en parking pour toutes sortes d'engins et de véhicules. Une odeur nauséabonde s'en dégage. Insupportable, permanente ! À se demander comment des êtres humains peuvent vivre à proximité ! Le marché proprement dit entoure en partie le terrain, formant un grand L. Au bout sont situés des garages avec des machines à déplumer la volaille. Leur présence est totalement illégale, selon plusieurs habitants du quartier. «Il existe des endroits prévus pour ça. On ne peut pas égorger des volailles au beau milieu d'un quartier résidentiel et surtout pas installer des machines», s'indigne Djamel, l'un des habitants interrogés.Les conditions d'hygiène n'existent tout simplement pas, et ce n'est pas près de s'arranger puisque la saison chaude approche à grands pas, et elle coïncide avec le mois sacré de Ramadhan où l'activité commerciale explose. Ainsi, ce qui est d'ores et déjà un dépotoir à ciel ouvert risque de devenir un véritable incubateur à maladie et pandémie. «On supplie les responsables de seulement nous débarrasser de toutes ces ordures, ce n'est plus supportable», regrette un groupe d'habitants.Par ailleurs, les dealers, eux aussi, trouvent leur compte en ces lieux. Selon les riverains, l'endroit se transforme en véritable «marché» de kif le soir, avec périodiquement des bagarres, des agressions et même parfois des crimes. Interrogé sur l'état des lieux, le président de l'APC de Batna, Abdelkrim Maroc, s'est engagé à entreprendre une grande opération de nettoyage du site dès aujourd'hui, avec comme objectif l'encadrement de l'activité commerciale. «Il est hors de question que cette anarchie dure encore.On va nettoyer illico presto. On va aussi aménager l'endroit pour une activité régulée et normalisée», s'est-il engagé. En ce sens, le P/APC de Batna a ordonné une mise au point d'une fiche technique du site dans les plus brefs délais. Des box seront mis à la disposition des commerçants. «Le terrain appartient à l'APC. Je vais donc l'aménager.Pour ma part c'est l'intérêt des citoyens qui prime et non un conflit vieux de 20 ans», a-t-il dit. Il faut aussi noter que lors de notre discussion, Abdelkrim Maroc nous a signifié qu'il s'engage à corriger tous les dépassements dans la ville de Batna, que les journalistes mettront en exergue. De la bonne volonté certes, mais n'est-il pas plus efficace d'adopter une réelle perspective pour la ville '


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