La sécurité au niveau de certains lieux publics comme les gares routières et les marchés semble se relâcher quelque peu. Une virée en ces lieux nous a renseignés sur l'absence d'agents de sécurité dans les marchés alors que les préposés à la fouille des bagages à l'accès des gares ne font pas bien leur travail.
C'est le cas à la gare routière du Caroubier (Alger) où les agents ne fouillent pas systématiquement tous les bagages comme auparavant. «C'est selon la tête du voyageur !», nous a indiqué un des agents sur les lieux. Interrogé sur ce «relâchement», un père de famille en route pour Tizi Ouzou nous a fait savoir que l'agent a fouillé légèrement le sac à main de son épouse et la valise, mais de là à les ouvrir... Normalement, il doit y avoir un peu plus de sécurité à l'approche des élections législatives», a-t-il fait remarquer, en ajoutant qu'en raison de ce laisser-aller, «n'importe qui peut mettre dans son cabas ou son sac une bombe».
Un jeune homme rencontré à l'intérieur de la gare en partance vers Batna nous a révélé que ses bagages n'ont pas été fouillés pour la simple raison qu'il a donné un journal à l'agent chargé de la fouille. «Pour éviter la fouille de ma valise dans laquelle j'ai caché un morceau de kif traité pour ma consommation personnelle, j'ai donné à l'agent un journal», nous a-t-il dit. Un autre voyageur s'est plaint de l'absence de navettes de bus et de taxis pour les longues distances, tout comme il a relevé les prix excessifs exigés. A la gare ferroviaire de l'Agha, les choses étaient plus sérieuses.
Les voyageurs étaient soumis au passage par le SAS alors que les bagages sont automatiquement passés au scanner. Un contrôle qui semble être renforcé ces derniers jours qui coïncident avec la campagne électorale pour les législatives du 10 mai. Ainsi, les voyageurs doivent avoir un billet pour accéder aux quais. Néanmoins, les voyageurs se plaignent des agressions, parfois à l'arme blanche, notamment le soir. Certains disent qu'ils sont victimes d'attaques de délinquants et de voyous. Il y a aussi les retards enregistrés le soir également et qui ne sont pas sans aggraver cette situation.
Interrogé pour plus d'information sur ce dispositif, le chargé de la sécurité de cette gare a refusé de nous parler, arguant qu'il nous fallait une autorisation de sa direction. Le plus surprenant au niveau de ces deux gares est l'accès sans aucun contrôle ou fouille des véhicules aux parkings. Les automobilistes sont tenus juste de payer 60 dinars avant d'y accéder.
Peu d'importance accordée au contrôle
Lors de notre virée dans certains sièges d'APC et de daïras de la capitale, on a constaté que la sécurité est plus ou moins présente, surtout dans les daïras. Ainsi, dans celle de Bir Mourad Raïs, des éléments de la police sont postés à l'entrée et à l'intérieur de la salle.
Les citoyens sont invités à passer par le SAS et l'agent palpe légèrement leur sac ou cartable. Même constat au niveau de la daïra de Bab El Oued, où les agents de sécurité demandent aux citoyens le service à solliciter avant de fouiller légèrement leur sac, poches ou cartable. Par contre, au niveau des annexes de quelques APC et daïras, certes le SAS existe mais il n'est pas utilisé et les agents ne fouillent même pas les citoyens. Interrogés, des agents reconnaissent que «parfois, le SAS tombe en panne et ne sert à rien», tout en dénonçant les passe-droits.
Désabusés, les citoyens ont fait remarquer que des agents ne jouent pas leur rôle. «Nous sommes habitués à l'insécurité», disent-ils en témoignant même que des agressions et des vols se produisent y compris à l'intérieur de l'APC. «A Sidi M'hamed, on m'a dérobé mon téléphone cellulaire et l'agent de sécurité m'a répondu qu'il ne pouvait rien faire», raconte Youcef, employé dans une banque.
De son côté, Amina, employée à la daïra de Sidi M'hamed, nous a indiqué qu'elle a assisté à des scènes violentes, des jeunes qui se battent pour une place dans la file et parfois à l'arme blanche sans que personne ne s'interpose. L'insécurité fait partie de notre quotidien, insiste la jeune femme qui déplore «l'absence de véritables agents de sécurité dans les daïras et les APC». Un autre employé de l'APC de la Casbah a souligné : «Certes, on voit des jeunes vêtus de combinaison noire et bleue circulant dans les couloirs. Mais ils ne sont jamais là lorsqu'on a besoin d'eux.»
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Manal C
Source : www.letempsdz.com