La crise de commercialité frappe de plein fouet le marché national de la cassette musicale que ce soit à Batna ou ailleurs à travers le territoire national. Une crise dure depuis quatre années , ce qui est de mauvais augure pour les éditeurs, les distributeurs et même les artistes.
«C'est un véritable tsunami, un déclin qui nous va nous pousser tôt ou tard à renoncer à la poursuite de cette activité culturelle et commerciale», nous a précisé M. Djabali Tahar, éditeur-distributeur à Batna, patron de la boîte Tobna Cassettes. Il reste sur le terrain le seul éditeur qui n'a pas encore fermé boutique à Batna où pas moins de 21 éditeurs locaux de la cassette musicale ont déjà cessé leur activité car étant en faillite. Si Tobna Cassettes n'a pas encore mis la clé sous la paillasson, c'est seulement en raison d'un stock important d'invendus, considéré comme un stock mort, pour une valeur théorique de dix milliards de centimes. Selon le propriétaire de la boîte, M. Tahar Djabali, l'explication de cette mort à petit feu de la cassette musicale au sein de la société algérienne trouve son origine dans le déferlement du CD-ROM, des MP/3 et MP/4, des cartes mémoires, des téléphones portables, de l'internet et des gravures informatiques de piratage. M. Djabali, qui assure parallèlement la fonction de secrétaire national de l'Union des éditeurs audiovisuels et qui est membre de l'ONDA, estime que les répercussions de la mondialisation et l'avancée de la technologie ont été particulièrement dévastatrices, ce qui a mis à genou le marché de la cassette musicale. D'où l'hypothétique rôle que joue l'ONDA à travers le territoire national et celui des fameuses brigades spéciales instaurées au sein des commissariats de police pour sévir contre le piratage phénoménal des 'uvres musicales. A Batna, Tobna Cassettes aura assuré ces dernières années la confection technique et commerciale de 513 produits, notamment du répertoire local arabe et chaoui. Mais depuis ce tsunami commercial, son studio d'enregistrement a cessé de fonctionner. A présent, les chanteurs et interprètes locaux vivotent grâce à l'animation de fêtes de mariages et/ou grâce aux redevances de la diffusion par les radios locales de leurs anciens tubes. Face à ce clash décourageant reçu en pleine figure, l'éditeur Djabali Tahar s'apprête à passer sans tarder à la reconversion de l'activité. Grâce à une superbe salle des fêtes construite dans le localité de Fesdi, à 5 km de Batna, il semble s'orienter vers un projet de production de programmes et émissions TV à l'heure où les chaînes TV privées commencent à émettre. Le fonctionnement de ces chaînes nécessitera inévitablement l'apport de pas mal de sociétés de production et de distribution privées lesquelles ne sauront réussir qu'avec des compétences avérées du domaine de l'audiovisuel, de la télévision et du cinéma.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Ali Benbelgacem
Source : www.lnr-dz.com